La communauté haïtiano-américaine marque cette année le 30e anniversaire de l'Alliance Haïtiano-Américaine (HAA), une organisation qui a joué un rôle clé dans son ascension politique et sociale aux États-Unis.
Selon un éditorial publié par The Haitian Times, cette célébration invite à un bilan : après avoir obtenu visibilité et représentation, la communauté doit désormais construire des structures capables de garantir la pérennité de ses avancées.
L'article souligne que les progrès réalisés restent fragiles en l'absence d'institutions solides, capables de résister aux défis internes et externes. Les années 1990 ont vu émerger une génération d'Haïtiens-Américains déterminés à briser l'invisibilité politique.
Des événements comme l'agression d'Abner Louima par la police en 1997 ou la mort de Patrick Dorismond en 2000 ont catalysé des mobilisations massives, menées notamment par la HAA. Ces actions ont permis d'obtenir des sièges dans des institutions locales et d'accroître l'influence de la communauté.
Cependant, l'auteur de l'éditorial met en garde : la visibilité et l'accès ne suffisent pas. Sans cadres institutionnels robustes, les acquis restent vulnérables aux scandales, aux crises de leadership ou aux changements politiques.
L'article cite des exemples de responsables haïtiano-américains confrontés à des enquêtes judiciaires, illustrant les limites d'un système où les personnalités priment sur les structures. Pour l'auteur, la prochaine phase doit se concentrer sur la création de « piliers » — des institutions capables de canaliser les énergies individuelles vers des objectifs collectifs.
Des médias comme The Haitian Times, fondé pour donner une voix autonome à la communauté, illustrent cette transition vers un rôle de « tisserand » entre les acteurs dispersés. La communauté haïtiano-américaine, forte de plus d'un million de personnes, dispose d'un potentiel économique et culturel immense.
Mais sans « berges » pour guider son énergie, ce potentiel risque de se disperser sans laisser de trace durable. L'éditorial appelle à une responsabilité collective, comparant cette étape à un konbit moderne, où chaque acteur — associations, médias, élus — doit contribuer à édifier un écosystème cohérent. Source : The Haitian Times, 7 mai 2026.


