Le samedi 11 avril 2026, une activité organisée à la Citadelle Laferrière, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982, a tourné au drame. Plusieurs personnes ont trouvé la mort lors d'une inondation soudaine sur le site, soulignant les lacunes persistantes dans la gestion des infrastructures culturelles en Haïti.
Selon le professeur Kesler Bien-Aimé de l'Université d'État d'Haïti (UEH), cette tragédie illustre un problème systémique : l'absence de mesures de sécurité adaptées et la négligence des autorités responsables.
Les images circulant sur les réseaux sociaux montrent un monument submergé par la foule, confirmant l'urgence d'agir pour protéger à la fois les visiteurs et le site lui-même.
Les experts, dont le professeur Bien-Aimé, soulignent que la gestion des sites patrimoniaux en Haïti fonctionne souvent en mode « pilotage automatique », sans évaluation des risques ni infrastructures de secours.
Cette situation met en péril non seulement la vie des visiteurs, mais aussi la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du site, qui pourrait être remise en question par l'UNESCO. Une dégradation continue de la gestion pourrait, à terme, conduire à une dépatrimonialisation du site, une première pour Haïti.
« Ce n’est pas une question de hasard, mais de responsabilité », déclare le professeur Bien-Aimé, insistant sur la nécessité d’une concertation entre les autorités, les experts et les communautés locales pour trouver des solutions durables.
Les appels à une réforme urgente se multiplient, notamment après des décennies de négligence et de crises successives. Les autorités sont invitées à assumer leurs responsabilités et à mettre en place des mesures concrètes pour éviter de nouvelles tragédies.
Sans action immédiate, le risque de perdre le statut de patrimoine mondial devient une menace réelle, avec des conséquences graves pour l'image culturelle et touristique d'Haïti. La question n’est plus de savoir si une réforme est nécessaire, mais quand elle sera enfin mise en œuvre.



