L'écrivain et intellectuel haïtien Lyonel Trouillot a publié une analyse dans AyiboPost sur les défis structurels de la société haïtienne, notamment après les événements tragiques survenus à la Citadelle Laferrière. Il pointe du doigt l'absence d'un discours républicain cohérent et l'incapacité des institutions à incarner une éthique nationale.
Selon lui, les ministères de la Culture et de l'Éducation devraient jouer un rôle central dans la construction d'une identité collective et la promotion des valeurs républicaines, comme le prévoit la Constitution de 1987.
Cette dernière reconnaît d'ailleurs le créole et le français comme langues officielles, mais cette disposition reste largement ignorée dans les communications gouvernementales.
Trouillot souligne que la transition politique actuelle en Haïti ne peut faire l'économie d'une réflexion sur l'éthique publique. Il critique l'absence de débats sur ces enjeux parmi les candidats aux élections, souvent plus préoccupés par des promesses électorales que par des questions de fond.
Pour l'auteur, la gestion des médias d'État par le pouvoir en place illustre cette dérive : ces institutions, censées refléter la nation, sont réduites au silence ou instrumentalisées. La dégradation de leur rôle, selon lui, révèle une vision étroite de la construction nationale.
L'écrivain rappelle que la Constitution de 1987, souvent décriée par certains acteurs politiques, offre pourtant un cadre pour une gouvernance plus inclusive. Il insiste sur la nécessité de dépasser les clivages partisans pour engager une véritable réflexion sur l'avenir du pays.
Sans cela, Haïti risque de rester prisonnière d'un cycle de violences, de discours populistes et de gouvernances inefficaces, où l'éthique républicaine est reléguée au second plan.
Source : AyiboPost, article de Lyonel Trouillot.



