Un conseil municipal intérimaire de trois membres a été installé à Port-de-Paix le 31 mars 2026, succédant à une administration critiquée pour son inefficacité sur plus d’une décennie. Ce changement intervient alors que la ville, capitale du Nord-Ouest d’Haïti, fait face à une crise sanitaire aiguë et à une dégradation marquée des services publics.
Les habitants espèrent que cette nouvelle équipe parviendra à restaurer l’ordre et la dignité dans une ville décrite comme de plus en plus invivable en raison de l’accumulation de déchets, des inondations chroniques et de l’absence de planification urbaine.
Le conseil, dirigé par Ralph Moreau, un entrepreneur et éducateur local, est composé de Barbara Dolanda Wendy Mertilus, spécialiste des technologies de l’information, et Jamesky Jeanty, avocat et journaliste. Les trois membres, dont deux trentenaires, ont promis de prioriser la transparence, la participation citoyenne et la responsabilité.
Leur objectif immédiat inclut la restauration de la collecte des déchets, la récupération des espaces publics occupés illégalement et la relance des pratiques civiques, comme le nettoyage des zones devant les habitations.
Les défis restent immenses. Pendant plus de dix ans, la ville a souffert d’un manque d’accès à l’eau potable, de systèmes de drainage défaillants et d’une expansion urbaine non régulée. Les employés municipaux, dont certains n’ont pas été payés depuis plus de 30 mois, appellent à une amélioration rapide des conditions de travail.
Malgré l’optimisme suscité par ce changement, les observateurs soulignent que des réformes structurelles et des investissements soutenus seront nécessaires pour inverser la tendance.
Les habitants, comme Dieuna Marcelus, 35 ans, exigent des actions concrètes : « Ce conseil doit décongestionner la ville et la rendre vivable ». D’autres, comme l’avocat Lavaroche Rock, insistent sur la nécessité de laisser une municipalité en meilleur état que celle héritée.
Les autorités locales et la société civile, y compris des groupes de la diaspora, sont appelées à contribuer à cette transformation. Pour Ralph Moreau, la clé du succès réside dans un changement de mentalité collective : « Sans cela, rien ne s’améliorera ».
La nouvelle administration a également évoqué la possibilité de relocaliser l’hôtel de ville dans son bâtiment d’origine, dans le cadre d’un effort plus large pour restaurer la stabilité institutionnelle. Les résidents, bien que prudents, gardent espoir que cette transition marque le début d’une gouvernance efficace après des années de déclin.



