Depuis plusieurs années, les gangs criminels en Haïti ont adopté une nouvelle stratégie pour générer des revenus : l'installation de postes de péage illégaux sur les principaux axes routiers du pays.
Ces barricades, souvent tenues par des membres armés, obligent les conducteurs à payer des sommes variables selon le type de véhicule, le nombre de passagers ou la nature du transport.
Cette pratique, en plus des kidnappings, constitue une source majeure de financement pour les groupes criminels, selon les déclarations de l'ancien Premier ministre haïtien Jean Max Bellerive en 2025. Les gangs extorquent ainsi entre 60 et 80 millions de dollars annuellement, aggravant la crise économique du pays.
Les entrepreneurs, notamment ceux de l'Artibonite, subissent des pertes importantes car ils doivent payer des frais exorbitants pour acheminer leurs marchandises depuis la capitale, Port-au-Prince. Les transporteurs, pris en étau entre les exigences des gangs et la nécessité de maintenir leurs activités, voient leurs marges se réduire drastiquement.
Cette situation aggrave les pénuries de produits essentiels dans plusieurs régions du pays. Les autorités haïtiennes peinent à endiguer ce phénomène en raison de l'insécurité généralisée et de la faiblesse des institutions.
Les forces de l'ordre, déjà sous-équipées, sont régulièrement ciblées par des attaques de gangs, comme celle survenue à Seguin dans le département du Sud-Est, où huit morts et deux véhicules de police ont été détruits. Source : RFI — Journal d'Haïti et des Amériques (15/04/2026).



