La députée américaine Sheila Cherfilus-McCormick, d'origine haïtienne, fait face à une enquête approfondie du comité d'éthique de la Chambre des représentants. Selon les conclusions préliminaires, elle aurait commis 25 violations des règles éthiques et des lois sur le financement des campagnes électorales.
Les allégations portent notamment sur l'utilisation de fonds publics de secours COVID-19, détournés à hauteur de 5 millions de dollars, pour financer sa campagne de 2022. Ces fonds auraient été versés à son entreprise familiale de santé après une erreur administrative de l'État de Floride, avant d'être réinvestis via un réseau de sociétés et de proches.
Cherfilus-McCormick a plaidé non coupable pour les chefs d'accusation criminels et nie toute violation éthique, invoquant son droit au silence lors des auditions. Son avocat a critiqué la procédure, estimant que les députés n'ont pas permis une défense complète avec témoins et preuves à décharge.
Les enquêteurs ont épluché plus de 33 000 pages de documents, mené 28 entretiens et émis 59 assignations à comparaître sur une période de deux ans. Les républicains, menés par le député Greg Steube, appellent déjà à son expulsion, une sanction rare qui nécessite une majorité des deux tiers à la Chambre.
Les démocrates n'ont pas encore pris position, attendant la conclusion du processus éthique. Une expulsion pourrait également déclencher une enquête similaire contre un autre député républicain de Floride, Cory Mills, déjà visé pour des soupçons de violations financières et de conduite inappropriée.
Les récents scandales éthiques ont déjà conduit à la démission de deux autres députés, Eric Swalwell et Tony Gonzales, avant des votes d'expulsion. Les sanctions possibles incluent un blâme public, une censure ou une amende, mais l'expulsion reste exceptionnelle dans l'histoire du Congrès américain.
Depuis 1861, seulement six députés ont été expulsés, dont trois pour trahison pendant la guerre de Sécession et deux après condamnations pénales. Le dernier cas en date concernait George Santos, condamné pour fraude avant d'être gracié par Donald Trump.
La décision finale reviendra aux électeurs lors des prochaines élections, le Congrès privilégiant traditionnellement cette voie plutôt qu'une exclusion forcée. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a indiqué qu'il soutenait une expulsion, qualifiant les faits d'indéniables.
Cette affaire survient dans un contexte de tensions politiques accrues autour des normes éthiques au sein du Congrès américain.



