Un incendie criminel a détruit les archives psychiatriques de mars & Kline, seul centre public spécialisé en santé mentale en Haïti, selon le psychiatre Max Weber Victor. Ces documents, datant des années 1970 et 1980, contenaient des données essentielles sur les troubles mentaux et les cas traités dans l'institution.
Leur perte empêche désormais les chercheurs et médecins de retracer l'évolution de la psychiatrie en Haïti avant 2024, compromettant gravement la recherche et la formation des futurs psychiatres et psychologues cliniciens.
Ces archives étaient également utilisées pour la formation des résidents en médecine et des psychologues, en collaboration avec la Faculté de médecine de l'Université d'État d'Haïti.
Le centre, relocalisé à Delmas en octobre 2025, fonctionne désormais comme une simple clinique de consultation, sans laboratoire ni pharmacie, en raison des contraintes sécuritaires et logistiques actuelles. Selon le Dr Victor, les médecins doivent reprendre à zéro le suivi de certains patients, tandis que d'autres, en crise, ne peuvent bénéficier d'une hospitalisation adaptée.
Les familles sont contraintes de gérer seules les situations les plus difficiles, faute de structures adaptées. Le centre, placé sous la direction du Ministère de la Santé publique et de la Population, ne peut accueillir qu'une poignée de patients deux fois par semaine, avec seulement quatre médecins et deux psychologues disponibles.
L'unique électroencéphalogramme du centre, outil crucial pour diagnostiquer les troubles cérébraux, a également été détruit lors de l'incendie. Avant la crise sécuritaire actuelle, mars & Kline accueillait jusqu'à une trentaine de patients par jour et enregistrait une centaine d'hospitalisations mensuelles.
Aujourd'hui, les consultations se limitent à des interventions ponctuelles, souvent sans suivi possible. Les responsables du centre n'ont pas communiqué de chiffres précis sur la capacité actuelle d'accueil, invoquant des contraintes logistiques et sécuritaires persistantes.



