Le parti politique haïtien EDE (Les Engagés pour le Développement) a publié un communiqué le 20 avril 2026 pour dénoncer une note émanant d’une coalition gouvernementale. Cette note accuse le Conseil Électoral Provisoire (CEP) d’avoir mis en veilleuse le processus électoral, à moins de cinq mois du premier tour prévu le 31 août 2026.
EDE rejette ces accusations, les qualifiant de « partisanes » et visant à transférer la responsabilité des retards sur l’institution électorale. Le parti met directement en cause l’Exécutif dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’accusant de chercher à prolonger la transition politique en contrôlant le CEP.
Selon EDE, cette démarche menace la crédibilité des prochaines élections et pourrait plonger Haïti dans une crise politique majeure. Le parti souligne également que les divergences portent aussi sur le financement des élections, estimé à 250 millions de dollars.
EDE dénonce une manipulation des chiffres par la coalition gouvernementale, rappelant que les élections de 2015-2016 avaient coûté environ 170 millions de dollars sans inclure l’appui logistique de la MINUSTAH.
Plusieurs blocages institutionnels sont pointés du doigt, notamment des retards dans les discussions budgétaires entre le gouvernement et le CEP, ainsi que des obstacles administratifs ayant conduit au report de l’inscription des électeurs. Malgré ces difficultés, le CEP aurait démontré sa capacité opérationnelle à travers des exercices de simulation récents.
Cependant, le principal défi reste la situation sécuritaire. EDE rappelle qu’aucune élection libre et crédible ne peut être organisée sans stabilité, or l’insécurité persistante a déjà entraîné la perte de nombreux centres de vote et empêché l’évaluation de plusieurs communes. Cette réalité compromet sérieusement les perspectives d’un scrutin inclusif et transparent.
Selon le parti, ce nouvel épisode de tensions met en lumière une crise de confiance profonde au cœur du processus électoral haïtien, alors que le pays a un besoin urgent d’élections pour sortir de la transition.
Les accusations croisées, les blocages institutionnels et la dégradation du climat sécuritaire risquent de retarder davantage une échéance pourtant cruciale pour l’avenir démocratique du pays. [Source: Le Relief Haïti, 21 avril 2026]



