Des résidents de Vertières, près d’Okap, ont de nouveau bloqué la Route Nationale #1 (RN1) le 28 avril 2026, exigeant des réparations immédiates sur une route criblée de nids-de-poule et un canal d’irrigation obstrué. Ce canal, qui relie Des Charriers à Vertières, déborde régulièrement lors des pluies, inondant les rues et aggravant l’état déjà précaire de la chaussée.
Les habitants dénoncent une intervention superficielle des autorités, qui ont creusé le canal sans résoudre le problème de fond. « Ils creusent le canal, mais 15 jours plus tard, il est de nouveau bouché », a déclaré Luckenson Augustin, un mécanicien de 36 ans vivant près du site des manifestations.
Les protestataires ont brûlé des pneus et érigé des barricades, perturbant la circulation sur cet axe vital reliant le sud à Okap. La Police Nationale a tiré en l’air pour disperser la foule, mais des sections de la route restaient bloquées le lendemain matin, selon des sources locales.
Les manifestations ont débuté plus tôt dans la semaine, après des années de promesses non tenues. En 2024, des responsables municipaux s’étaient engagés à retirer les constructions illégales à moins de 3 mètres du canal, sans résultat.
En février 2026, le Délégué du Département du Nord, Marc Présumé, avait donné un ultimatum de sept jours aux résidents pour dégager les empiétements, mais les travaux de réhabilitation n’ont pas avancé. Les habitants, dont certains ont vu une femme enceinte blessée dans un accident de moto lié aux conditions routières, exigent des actions concrètes.
« Si l’État avait une conscience, il aurait réparé cette route », a déclaré Bélo Jean-Pierre, chauffeur de taxi. Les blocages ont perturbé la vie quotidienne, forçant les piétons, y compris des écoliers, à escalader les barricades pour se déplacer. Malgré la mobilisation, certains restent sceptiques quant à l’impact des protestations.
« On sera encore dans le même état », a témoigné un habitant sous couvert d’anonymat. Les tensions reflètent des frustrations plus larges liées à l’infrastructure, au chômage et aux services publics dans la région. Le 25 avril, des résidents du quartier Champin ont même refusé une aide alimentaire du gouvernement, préférant des emplois et des améliorations structurelles.
Le monument de Vertières, symbole historique de la bataille de l’indépendance haïtienne de 1803, se dresse à quelques minutes du site des protestations, contrastant avec la dégradation des infrastructures environnantes.



