Ivan Mordisco, de son vrai nom Nestor Gregorio Vera Fernandez, est le chef de l'État-major central (EMC), la principale dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Le gouvernement colombien offre une récompense de plus d'un million d'euros pour toute information menant à sa capture.
Il est accusé d'avoir commandité l'attentat à la bombe du 25 avril 2026, qui a fait 21 morts dans le département du Cauca. Cet événement marque l'un des attentats les plus meurtriers des deux dernières décennies en Colombie.
Selon les autorités, Mordisco aurait ordonné la mise en place d'un barrage routier pour attirer les forces de l'ordre et déclencher une embuscade à l'aide d'explosifs. L'EMC a reconnu une « erreur tactique » dans un communiqué, tout en justifiant ses actions par la défense des territoires face à l'avancée des forces militaires.
Le président Gustavo Petro a qualifié Mordisco de « principal menace pour la sécurité du pays » et de « trafiquant déguisé en révolutionnaire ». Les charges retenues contre lui incluent terrorisme, meurtres, recrutement forcé de mineurs et trafic de drogue. Il supervise également des activités minières illégales et le racket des populations rurales.
Mordisco, âgé de 51 ans, a rejoint les Farc à 21 ans et a gravi les échelons pour devenir un cadre intermédiaire. Il est spécialisé dans les attaques à la voiture piégée et les drones explosifs, une technique inspirée des conflits en Ukraine. En 2022, il a pris la direction de l'EMC, un groupe comptant plus de 3 000 guérilleros et contrôlant dix départements colombiens.
Malgré les négociations de paix lancées par le président Petro en 2023, Mordisco a quitté la table des discussions en 2024, relançant les violences. Les forces spéciales colombiennes disposent de 45 jours pour le localiser, le capturer ou, si nécessaire, l'éliminer. Deux ans plus tard, il reste introuvable.



