Un entrepreneur basé en Floride, Jhonson Napoléon, a lancé une campagne en ligne visant à financer la création d'une compagnie aérienne haïtienne pour remplacer Spirit Airlines, en faillite. L'objectif est de lever 25 millions de dollars via des contributions publiques afin d'acquérir ou de louer des avions issus de la liquidation de Spirit Airlines.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Napoléon présente ce projet comme une opportunité pour les Haïtiens de la diaspora de « construire une compagnie aérienne pour la diaspora, par la diaspora ». Il met en avant des valeurs comme la dignité, la responsabilité et la fierté nationale, tout en soulignant l'importance de l'accès aérien pour Haïti.
La campagne a rapidement gagné en visibilité, avec des discussions actives sur LinkedIn, TikTok et Facebook, ainsi que la création de sites web dédiés comme HaitiRiseAir.com pour recueillir des promesses de dons allant de 50 à 25 000 dollars. En moins d'une semaine, près de 19 000 promesses totalisant plus de 34 millions de dollars ont été enregistrées.
Cependant, ces montants ne représentent pas encore des fonds collectés, mais bien des expressions d'intérêt. Les réactions au projet sont partagées. Certains y voient une initiative audacieuse et historique pour les Haïtiens de l'étranger, tandis que d'autres expriment un scepticisme marqué.
Des critiques soulignent les risques financiers et opérationnels, rappelant les nombreux échecs passés de projets similaires en Haïti, notamment dans le secteur aérien. Jefferson Jeanniton, responsable logistique, a partagé sur LinkedIn que les avions de Spirit Airlines sont majoritairement loués et que les bailleurs de fonds pourraient déjà procéder à leur saisie.
Il estime que les coûts de régulation, de recrutement, d'assurance, de maintenance et de capital nécessaires pourraient atteindre plusieurs centaines de millions, voire des milliards de dollars. De plus, les défis du secteur aérien, comme la hausse des coûts du carburant, rendent le projet encore plus complexe.
Certains internautes qualifient ouvertement l'initiative de « arnaque », tandis que d'autres remettent en question la crédibilité de Napoléon, en raison de ses liens passés avec des scandales de corruption. Les débats en ligne reflètent cette dualité entre espoir et méfiance, typique des initiatives communautaires en Haïti.
La source de cette information est un article publié par Haitian Times, signé par Fritznel D. Octave, journaliste primé et éditeur du média.


