Le procès fédéral américain concernant les suspects impliqués dans l'assassinat de l'ancien président haïtien Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021, approche de sa conclusion à Miami. Les plaidoiries finales sont prévues pour les 4 et 5 mai 2026.
Malgré des semaines de témoignages et de preuves présentées, les audiences n'ont pas permis d'identifier clairement les commanditaires du crime. Les récits des procureurs et des avocats de la défense divergent, sans apporter de réponses définitives sur les motivations ou les instigateurs de l'attaque.
Plusieurs facteurs expliquent ces lacunes. Une partie des éléments du dossier est traitée sous le régime du Classified Information Procedures Act (CIPA), limitant l'accès du public à des informations jugées sensibles. Par ailleurs, des accords de plaider-coupable et des procédures fermées ont restreint les références disponibles en audience publique.
L'absence de coopération entre les autorités haïtiennes et les enquêteurs américains a également empêché l'audition de témoins clés basés en Haïti, selon un avocat de la défense cité le 28 avril 2026.
Parmi les accusés jugés à Miami figurent quatre résidents de Floride du Sud : Arcángel Pretel Ortiz (Colombien), Antonio Intriago (Américano-Vénézuélien), James Solages (Américano-Haïtien) et Walter Veintemilla (courtier en hypothèques).
Cinq autres personnes, dont le businessman Rodolphe Jaar et l'ancien sénateur John Joël Joseph, ont déjà plaidé coupable et purgent des peines allant jusqu'à la prison à vie. Les procureurs ont présenté une conspiration visant à renverser Moïse pour des gains politiques et financiers, avec un financement estimé à 343 000 dollars américains.
Les audiences ont révélé des détails sur l'évolution du complot, passant d'un projet d'enlèvement à un assassinat prémédité. Cependant, les questions sur les véritables instigateurs et leurs liens éventuels avec des acteurs politiques ou des services de renseignement restent sans réponse.
Des observateurs haïtiens critiquent l'opacité des procédures, soulignant que les verdicts pourraient être rendus sans éclaircir les motivations profondes du crime.
Les répercussions de cet assassinat continuent de peser sur la stabilité politique et sécuritaire d'Haïti, déjà fragilisée par une crise humanitaire et une insécurité gangrenée. Les procédures judiciaires aux États-Unis, bien que déployant des ressources internationales, peinent à répondre aux attentes de transparence des Haïtiens.
Source : Haitian Times, 4 mai 2026.



