Le procès concernant l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à Port-au-Prince, atteint sa phase finale à Miami, aux États-Unis. Les plaidoiries finales sont prévues cette semaine, marquant une étape clé dans une procédure judiciaire complexe.
L’enquête en Haïti, toujours au point mort, contraste avec les avancées du procès américain, qui se concentre sur les liens des accusés avec les États-Unis. Selon les autorités, le commando responsable était composé majoritairement d’anciens militaires colombiens, avec des ramifications impliquant des acteurs haïtiens et étrangers.
Ce meurtre a précipité l’effondrement institutionnel du pays, où les gangs contrôlent désormais environ 90 % de la capitale, Port-au-Prince. L’enquête internationale révèle un complot aux multiples facettes, incluant des circuits financiers opaques et des sociétés de sécurité basées en Floride.
Aux États-Unis, deux procédures judiciaires distinctes sont en cours : une procédure pénale fédérale à Miami et une enquête en Haïti, fortement ralentie par l’instabilité du pays. Le procès de Miami cible spécifiquement les accusés ayant des liens avec les États-Unis, notamment à travers des sociétés de sécurité privées.
Quatre hommes sont actuellement jugés : Arcángel Pretel Ortiz (Colombien), Antonio Intriago (Américain), James Solages et Walter Veintemilla. Ils encourent la prison à perpétuité s’ils sont reconnus coupables d’avoir organisé et financé un complot visant initialement l’enlèvement, puis l’assassinat de Jovenel Moïse.
Le procès a révélé des échanges entre les acteurs, une chronologie détaillée et des déplacements, mais la question du cerveau de l’opération reste non résolue. Plusieurs témoins, dont la veuve du président, ont témoigné, tandis que des accusés ayant plaidé coupable purgent déjà des peines de prison à vie.
En Haïti, l’enquête, fragilisée par des pressions et des menaces, a inculpé des dizaines de personnes, dont des policiers, des membres de la sécurité présidentielle et des figures politiques. Le rôle précis de Joseph Félix Badio, souvent cité comme un acteur clé, n’a pas encore été définitivement établi.
Les procureurs américains défendent la thèse d’une conspiration structurée, tandis que la défense avance une version opposée, impliquant les propres gardes du président. Selon Jake Johnston, chercheur spécialiste d’Haïti, ce procès n’a pas apporté de révélations majeures mais a permis de préciser certains éléments logistiques et financiers du complot.



