Une récente hausse des prix du carburant en Haïti a provoqué une augmentation immédiate des coûts des transports et des produits essentiels, affectant les ménages déjà fragilisés dans la capitale et au-delà. Jefferson Bertrand, un lycéen de Delmas 33, a constaté une hausse de 25 gourdes pour un bidon d'eau de cinq gallons, passant de 100 à 125 gourdes.
Cette situation reflète une tendance générale : les prix de l'essence, du diesel et du kérosène ont respectivement atteint 5,58 $, 6,54 $ et 6,50 $ le gallon, soit une augmentation de 30 à 40 % depuis le début du mois d'avril 2026.
Selon des habitants et des commerçants interrogés par The Haitian Times, cette flambée des prix est directement liée à la hausse des cours du pétrole sur le marché international, elle-même causée par le conflit en Iran et le blocus du détroit d'Ormuz.
Les barils de pétrole importés par Haïti sont ainsi plus chers, ce qui se répercute sur l'ensemble des produits de première nécessité. Les prix de l'eau potable, par exemple, varient désormais entre 107 $ et 130 $ pour un camion-citerne de 1 500 gallons, selon les zones de livraison à Port-au-Prince.
Les commerçants expliquent ces hausses par l'augmentation des coûts logistiques, notamment les transports, rendus encore plus difficiles par la violence des gangs et les blocages routiers. Les denrées alimentaires comme le riz, les pâtes et le lait en poudre ont également vu leurs prix grimper.
Un sac de riz de 50 kg est passé de 15 $ à 17 $, tandis qu'un paquet de pâtes de 500 g coûte désormais plus d'1 $. Les tensions sociales s'intensifient, avec des manifestations de chauffeurs de taxi, d'opérateurs de bus et de travailleurs du secteur textile, exigeant une revalorisation du salaire minimum, actuellement fixé à 5 $ dans l'industrie manufacturière.
Le 15 avril 2026, des dizaines d'ouvriers de la zone industrielle de SONAPI ont bloqué la route de l'aéroport pour réclamer un salaire minimum de 20 $ et de meilleures conditions de travail. Les protestataires soulignent que les salaires n'ont pas été ajustés malgré la hausse des prix, rendant la vie quotidienne encore plus difficile.
La situation est particulièrement critique dans le département du Sud, où les habitants subissent des difficultés accrues pour accéder à l'eau et aux denrées alimentaires. The Haitian Times a confirmé ces difficultés auprès d'un représentant du Ministère des Affaires sociales.
Les autorités n'ont pas encore annoncé de mesures pour atténuer l'impact de cette crise économique sur les ménages haïtiens.



