La Chine a annoncé le lancement d'une nouvelle route maritime traversant l'océan Arctique, nommée "Route de la Soie de Glace". Cette initiative, rapportée par Al Jazeera, pourrait offrir une alternative aux routes commerciales mondiales affectées par la crise au Moyen-Orient, notamment le détroit de Bab el-Mandeb.
La route débute à Ningbo, en Chine, longe la Route Maritime du Nord de la Russie, traverse le cercle arctique, et se termine à Felixstowe, en Angleterre.
Selon la compagnie maritime Sea Legend, qui a effectué un voyage test en octobre dernier, cette route permettrait de réduire le temps de trajet à environ 20 jours, contre 40 jours via le canal de Suez ou 50 jours en contournant le cap de Bonne-Espérance. Cette voie est jugée particulièrement adaptée aux cargaisons sensibles à la chaleur et critiques en termes de temps, comme les batteries au lithium-ion et les produits photovoltaïques.
Le changement climatique a contribué à la fonte des glaces dans l'Arctique, ouvrant de nouvelles possibilités pour la navigation. Cependant, la route n'est accessible que durant les mois d'été de l'hémisphère Nord en raison de la présence de glace. Des chercheurs de l'Université de Southampton ont noté une baisse significative de l'étendue des glaces arctiques en hiver.
Des défis subsistent, notamment la dépendance aux conditions météorologiques et la durée de la saison de navigation, comme l'explique Dylan Loh, professeur à l'Université Technologique Nanyang. De plus, la route traverse la Route Maritime du Nord (NSR) russe, dont l'accès et l'utilisation sont soumis à des permis délivrés par une administration sous l'égide de Rosatom.
L'analyste William Yang souligne que le contrôle russe sur la NSR pourrait poser des risques politiques pour les pays utilisant cette voie, surtout dans le contexte des sanctions internationales visant la Russie.
Malgré ces obstacles, cette nouvelle route pourrait conférer un avantage économique significatif à la Chine et à ses compagnies maritimes en cas de perturbations prolongées au Moyen-Orient. Elle pourrait également renforcer la présence stratégique de la Chine dans la région arctique, un objectif de longue date pour Pékin, selon William Yang.



