Josué Saint-Vilus, un garçon de 11 ans passionné de football, a été tué par des tirs croisés lors d'affrontements entre gangs rivaux et la police dans la plaine du Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince. L'enfant, membre du club de football FONDAPS et élève en huitième année, rêvait de devenir gardien de but professionnel, s'inspirant du joueur belge Thibaut Courtois.
Son père, Phélisnord Saint-Vilus, a tenté de le protéger lors des échanges de tirs, mais plusieurs balles ont atteint l'enfant. « Ils m'ont pris Josué. Ils m'ont pris la vie aussi », a déclaré le père, évoquant des années de misère et d'humiliations.
La famille vivait depuis des jours enfermée chez elle, piégée par les combats pour le contrôle territorial entre groupes armés affiliés à la coalition Viv Ansanm, dont Chen Mechan, Pyè 6, Taliban et 400 Mawozo. Depuis début avril, les quartiers de Duvivier, Marin, Croix-des-Missions, Fourdjy et Sarthe sont devenus des zones de combat.
Les violences ont déjà fait au moins 78 morts et des dizaines de blessés la semaine dernière, selon l'ONU. Plus de 10 000 résidents ont fui leurs foyers en une semaine, selon l'Organisation internationale pour les migrations. Les affrontements ont également détruit au moins 87 maisons et bâtiments publics.
Les écoles, entreprises et services de santé ont été paralysés, forçant les familles à fuir avec peu d'effets personnels. Phélisnord Saint-Vilus a raconté avoir tenté de protéger son fils en se plaçant devant lui lors des tirs.
« Je lui ai mis les mains sur les épaules et j'ai écarté les jambes pour que, si des balles arrivaient par-derrière, ce soit moi qui sois touché à sa place », a-t-il expliqué. Peu après, il a entendu une détonation et son fils l'a appelé en criant « Papa, papa ». Josué a été touché à deux doigts de la main droite et une balle a pénétré son abdomen.
L'enfant est décédé dans la zone de La Couronne, à Sarthe. La violence dans la plaine du Cul-de-Sac, qui abrite l'aéroport international et plusieurs grandes entreprises comme la distillerie Barbancourt, a provoqué une crise humanitaire.
Les autorités haïtiennes ont promis une tolérance zéro envers les groupes armés et annoncé de nouvelles opérations pour reprendre le contrôle des territoires occupés par les gangs. Sandra Pellegrini, analyste senior au Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), a souligné que les civils sont les principales victimes de ces rivalités.
« Beaucoup ne peuvent pas rentrer chez eux car les gangs utilisent des tactiques de terre brûlée pour étendre leur contrôle territorial », a-t-elle déclaré. La mort de Josué a choqué les habitants de Port-au-Prince, déjà épuisés par des années de violence et d'effondrement de l'État.
Des figures comme Delphine Gardère, PDG de Rhum Barbancourt, ont critiqué l'incapacité des autorités à protéger les enfants et les infrastructures.



