Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) d'Haïti a lancé la campagne d'enregistrement des électeurs le lundi 20 juillet dans neuf des dix départements du pays. Le département de l'Ouest, qui inclut la capitale Pòtoprens et sa zone métropolitaine, a été exclu en raison de l'insécurité généralisée et du contrôle exercé par les gangs armés.
Ces groupes continuent de restreindre les mouvements, de perturber le fonctionnement des institutions publiques et de rendre les opérations électorales dangereuses.
Cette exclusion du département de l'Ouest représente un défi logistique majeur pour le processus électoral, car il abrite une part significative de l'électorat haïtien. Le CEP a déclaré qu'il continuerait d'évaluer la situation afin d'étendre progressivement les opérations d'enregistrement dans des conditions de sécurité, d'accessibilité et d'efficacité acceptables.
La campagne d'enregistrement vise à organiser les premières élections nationales en Haïti depuis dix ans, après des années d'instabilité politique et de retards répétés.
Cependant, le processus a ravivé les inquiétudes quant à la possibilité de tenir des élections crédibles dans un contexte où de vastes portions du pays restent sous le contrôle de groupes armés violents.
Des organisations de la société civile et des groupes politiques, tels que le Collectif Défenseurs Plus et Chemin Délivrance, ont critiqué le CEP, qualifiant les actions récentes de « mascarade électorale ».
Ils déplorent le lancement de certaines étapes du processus sans la publication préalable d'un calendrier électoral détaillé ni le rétablissement d'une sécurité adéquate, soulignant que cela nuit aux principes de transparence et peut compromettre la crédibilité des résultats.
Les critiques soulignent également l'absence d'un calendrier électoral officiel, un élément jugé essentiel par de nombreuses parties prenantes.
Le CEP a approuvé 316 partis politiques, ouvert l'enregistrement des coalitions politiques et recruté du personnel électoral et des agents de sécurité, tout en élaborant un projet de budget de 120 millions de dollars pour les élections, qui attend toujours une approbation finale.
Malgré ces avancées, le manque de transparence concernant les dates clés et les étapes du processus électoral soulève des doutes quant à la capacité des autorités à respecter les échéances.
La sécurité demeure l'obstacle principal à la tenue d'élections à l'échelle nationale. Le président du CEP, Jacques Desrosiers, a indiqué que des élections ne pourraient être menées dans plus de 20 municipalités où les gangs armés sont actifs.
De nombreux bureaux de vote sont désormais inaccessibles, et des centaines de milliers d'électeurs enregistrés ont été déplacés par la violence. Selon les Nations Unies, les gangs contrôlent une grande partie de la zone métropolitaine de Pòtoprens et étendent leur influence dans les départements de l'Artibonite et du Centre.
Les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux insistent sur la nécessité de faire avancer simultanément les améliorations de la sécurité et les préparatifs électoraux, notamment par le déploiement de la Force de Répression des Gangs soutenue par l'ONU.


