Les autorités haïtiennes et les acteurs locaux du département du Nord-Ouest ont tenu une série de réunions en juin 2026 pour évaluer les risques climatiques et renforcer la préparation aux ouragans.
Ces discussions, organisées à Port-de-Paix et dans plusieurs municipalités, ont réuni des représentants du ministère de l’Environnement, de la Protection civile, des gouvernements locaux, des organisations de la société civile et des partenaires techniques.
L’objectif était d’améliorer la coordination et la préparation aux catastrophes avant le début de la saison des ouragans, qui s’étend du 1er juin au 30 novembre 2026. Selon Ifrène Monfort, directrice de la Protection civile pour le Nord-Ouest, des volontaires ont déjà été mobilisés et formés à la gestion des risques de catastrophe.
Ces volontaires mèneront des campagnes de sensibilisation pour informer les résidents des précautions à prendre pendant la saison des ouragans. Les autorités soulignent que la préparation continue, et non les interventions d’urgence après les catastrophes, est essentielle pour protéger cette région vulnérable.
Le Nord-Ouest est particulièrement exposé en raison de sa longue côte, de ses bassins versants dégradés, de ses sécheresses récurrentes et de ses infrastructures limitées. De nombreuses communautés manquent de routes fiables, de systèmes de drainage, de réseaux d’alerte précoce et d’abris d’urgence, ce qui complique l’évacuation et la réponse aux catastrophes.
Les responsables locaux insistent sur la nécessité d’investissements tout au long de l’année dans la protection de l’environnement, la réduction des risques et la préparation des communautés, plutôt que de se limiter à l’aide d’urgence après les catastrophes.
Le ministère de l’Environnement et la Protection civile collaborent avec le programme Alliance mondiale pour le changement climatique Plus (GCCA+), financé par l’Union européenne, pour étendre l’éducation environnementale, la formation communautaire et les projets de restauration dans le département.
Ces initiatives incluent la reforestation, la protection des bassins versants, la gestion de l’eau et la promotion de pratiques agricoles adaptées aux nouvelles conditions climatiques. Les résidents, tout en saluant ces initiatives, appellent à des actions concrètes.
Jean Garry Sanon, professeur d’université et homme politique local, critique la gestion des déchets à Port-de-Paix, où environ 220 tonnes de déchets sont produites chaque jour. Il souligne que les déchets mal gérés contribuent aux inondations, à la pollution et à la dégradation de l’environnement, tout en représentant une perte économique.
Sanon encourage les autorités à travailler avec la société civile pour développer des solutions environnementales durables. D’autres résidents, comme Monfort Thélusnord, demandent un renforcement de l’application des lois contre les constructions illégales dans les zones sensibles. « Notre plus grand problème à Port-de-Paix, c’est l’environnement », déclare Thélusnord.
« Les dirigeants doivent cesser de vouloir plaire à tout le monde et prendre enfin des décisions. » Les autorités rappellent que la saison des ouragans est déjà en cours et appellent les résidents à rester vigilants, à suivre les consignes de la Protection civile et à préparer des plans d’urgence.
Elles insistent sur l’importance d’une coordination renforcée entre les agences gouvernementales, les organisations locales et les communautés pour réduire les impacts des catastrophes.


