Michel Saint-Croix, ancien maire de Cap-Haïtien entre 2006 et 2011, a été nommé à la tête d’une commission municipale intérimaire le 22 mai 2026. Cette décision intervient dans un contexte de détérioration rapide des conditions de vie dans la deuxième ville d’Haïti.
La commission, composée de trois membres dont une infirmière et un avocat, remplace l’équipe précédente dirigée par Angie Bell, critiquée pour son incapacité à gérer les déchets et les risques d’inondations.
Selon les autorités locales, la population de l’agglomération a triplé en moins de 20 ans, atteignant environ 700 000 habitants, ce qui exerce une pression majeure sur les infrastructures existantes. Saint-Croix a souligné lors de son discours d’investiture que les défis sont immenses mais que la collaboration est essentielle pour y faire face.
Il a également rejeté les accusations de malversation financière portées contre lui lors de son premier mandat, les qualifiant de manœuvres de ses détracteurs. La cérémonie d’investiture, bien que discrète, a réuni des représentants du gouvernement central et des habitants de la ville.
Les priorités immédiates incluent la gestion des déchets, la réparation des routes et la prévention des inondations, des problèmes exacerbés par la saison des pluies et la croissance démographique rapide. Une délégation interministérielle s’est rendue sur place début mai pour évaluer la situation, conduisant au renvoi de l’ancienne équipe.
Les résidents continuent de dénoncer l’accumulation de déchets dans les canaux de drainage et les ravines, ainsi que les risques sanitaires associés. Des protestations ont éclaté fin avril, bloquant des axes routiers et exigeant des solutions urgentes.
Les autorités locales avaient précédemment collaboré avec des entreprises spécialisées, dont Pro Public SAM et Cilpen Global, pour améliorer la collecte des déchets, mais les résultats restent insuffisants. Le délégué départemental du Nord, Marc N. Présumé, a insisté sur la nécessité de résultats concrets plutôt que de discours politiques.
Saint-Croix a indiqué qu’il démissionnerait si le gouvernement central ne fournissait pas les ressources nécessaires d’ici le 15 mars 2026 pour résoudre la crise. Cette situation met en lumière les défis structurels auxquels font face les villes haïtiennes, notamment en matière de gouvernance et de financement des services publics.
Les habitants espèrent que cette nouvelle direction apportera des changements tangibles dans leur quotidien.
