Le Conseil national pour l'éducation en Haïti (CONEHQ) a publié un rapport soulignant l'effondrement progressif du système éducatif haïtien, directement lié à l'insécurité généralisée dans le pays. Selon le document, plus de 1 200 écoles ont fermé leurs portes depuis 2023 en raison des violences et des enlèvements ciblant les enseignants et les élèves.
Les régions les plus touchées incluent Port-au-Prince, le département de l'Artibonite et le Sud, où les gangs contrôlent désormais des zones entières, empêchant tout accès à l'apprentissage. Le CONEHQ appelle à une intervention urgente des autorités pour sécuriser les établissements et rétablir un environnement propice à l'éducation.
Le rapport indique que 40 % des écoles primaires et secondaires du pays fonctionnent désormais à capacité réduite ou en alternance, affectant plus de 500 000 élèves. Les enseignants, souvent pris pour cible, abandonnent massivement la profession, aggravant la crise.
Le CONEHQ recommande la création d'un fonds d'urgence pour soutenir les écoles dans les zones à risque et la mise en place d'un plan national de protection des infrastructures éducatives. Le ministère de l'Éducation nationale n'a pas encore réagi officiellement à ces alertes.
Les familles, confrontées à ce manque de sécurité, se tournent vers des solutions alternatives, comme les cours en ligne ou les écoles privées, inaccessibles pour la majorité de la population. Le rapport précise que sans action immédiate, le taux d'alphabétisation en Haïti pourrait chuter de 10 % d'ici 2026, selon les projections de l'UNESCO.
Les partenaires internationaux, dont l'UNICEF et la Banque mondiale, ont été sollicités pour appuyer les efforts de relance éducative. Le CONEHQ insiste sur la nécessité d'une coordination entre le gouvernement, les organisations de la société civile et les communautés locales pour endiguer cette crise.
Les résultats d'une enquête menée auprès de 300 écoles montrent que 78 % des directeurs d'établissements citent l'insécurité comme leur principal défi opérationnel.
