Le chant « Azadi », popularisé par le film indien « Gully Boy », est devenu l'hymne des manifestations étudiantes en Inde, notamment lors des récentes protestations contre un scandale de fuite d'examens ayant conduit à la démission du Ministre de l'Éducation.
Ce slogan, autrefois associé à des accusations de sédition et à l'emprisonnement de leaders étudiants, résonne désormais dans plusieurs villes indiennes, témoignant d'une évolution significative de la contestation et de la politique étudiante sous le gouvernement actuel, selon Al Jazeera.
Il y a une décennie, le terme « Azadi » était considéré comme hautement sensible et pouvait entraîner des poursuites judiciaires. Des événements comme ceux de l'Université Jawaharlal Nehru (JNU) en 2016, où des étudiants ont scandé « Azadi » lors d'une discussion sur la peine de mort, ont été largement médiatisés et déformés par certains médias pro-gouvernementaux.
Ces étudiants ont été qualifiés de « sympathisants de terroristes » et accusés d'être « antinationaux », entraînant des charges de sédition et des arrestations, comme le rapportent des sources citées par Al Jazeera.
Ces incidents ont marqué le début d'une campagne gouvernementale visant à restreindre la liberté d'expression et le militantisme dans les universités publiques indiennes.
Des attaques contre des leaders étudiants, des restrictions sur les permissions pour organiser des événements et une atmosphère de répression ont rendu le militantisme étudiant de plus en plus difficile, selon les témoignages recueillis par Al Jazeera.
La professeure Apoorvanand de l'Université de Delhi décrit cela comme une attaque coordonnée contre le militantisme étudiant, une première dans l'histoire de l'Inde indépendante.
La trajectoire du chant « Azadi » – de ses origines dans les mouvements féministes au Pakistan et la résistance cachemirienne, à sa popularité actuelle en Inde – illustre la transformation du paysage politique et social du pays.
Les manifestations contre les amendements à la loi sur la citoyenneté en 2019, perçus comme discriminatoires envers les musulmans, ont également vu le chant « Azadi » résonner, soulignant son rôle continu dans l'expression du mécontentement et de la lutte pour les libertés civiles, comme rapporté par Al Jazeera.



