Le gouvernement de transition haïtien fait face à des critiques croissantes concernant des modifications apportées au décret électoral du pays. Selon les opposants, ces changements pourraient renforcer le contrôle de l'exécutif sur le Conseil électoral provisoire (CEP) et restreindre la participation politique avant les élections prévues pour décembre 2026.
Les partis politiques, la société civile et des juristes dénoncent notamment la création d'un poste de Directeur général nommé par le Conseil des ministres, remplaçant le poste actuel de Directeur exécutif élu par les membres du CEP.
Cette réforme, selon eux, menace l'indépendance de l'institution électorale et affaiblit la confiance dans un processus déjà fragilisé par des années d'instabilité. Les modifications proposées incluent également des exigences plus strictes pour les partis politiques et les candidats.
Le nombre de membres requis pour qu'un parti puisse présenter des candidats passe de 30 000 à 100 000, tandis que les candidats indépendants doivent désormais recueillir 150 000 signatures pour la présidentielle, 25 000 pour le Sénat et 5 000 pour la Chambre des députés. Ces seuils, jugés disproportionnés, pourraient exclure les petits partis et les voix indépendantes.
Le Collectif des Médias en Ligne (CMEL) a également critiqué ces changements, les qualifiant de tentative de placer les élections sous le « contrôle direct et absolu » des autorités de transition.
Le gouvernement justifie ces réformes par la nécessité de renforcer la transparence, mais les opposants y voient une manœuvre pour rendre l'organisation des élections plus complexe, voire impossible.
Les critiques soulignent que certaines dispositions pourraient être utilisées de manière sélective, notamment l'élargissement des critères d'inéligibilité des candidats, incluant désormais les personnes sous enquête administrative ou judiciaire. Ces mesures, selon eux, visent à neutraliser le pouvoir décisionnel du CEP et à affaiblir davantage le processus électoral.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n'a pas encore répondu publiquement à ces accusations. Les élections de 2026, déjà retardées, restent un sujet de préoccupation majeure pour la population et la communauté internationale.


