Le 1er mai 2026, une cour d'appel fédérale américaine du 5e circuit a suspendu temporairement l'autorisation d'envoyer par la poste la mifépristone, un médicament utilisé dans 66 % des interruptions volontaires de grossesse (IVG) aux États-Unis. Cette décision, prise à l'unanimité, répond à une plainte déposée par la Louisiane, un État où l'avortement est strictement encadré.
La cour a rétabli l'obligation de recevoir ce traitement en personne auprès d'un médecin, contredisant ainsi les assouplissements introduits par la Food and Drug Administration (FDA) en 2023. Ces assouplissements permettaient aux patientes d'obtenir des prescriptions à distance et des envois par courrier, notamment via des plateformes de télémédecine.
Depuis 2022, la Cour suprême américaine a transféré la compétence en matière d'IVG aux États, entraînant des interdictions dans une vingtaine d'entre eux. La Louisiane justifie sa demande en invoquant la souveraineté de son droit local et la protection de la vie dès la conception, affirmant que l'envoi postal de la mifépristone « neutralise » ses restrictions.
Les juges ont également souligné que cette pratique créait un moyen pour des prescripteurs extérieurs à l'État de contourner la loi locale. La FDA, qui considère la mifépristone comme sûre et efficace, n'a pas encore finalisé sa réévaluation de l'accès à ce médicament, lancée en 2025 sous l'administration précédente.
Selon l'Institut Guttmacher, près de 91 000 IVG ont été réalisées par télémédecine en 2025 dans les États restrictifs, dont plus de 9 000 en Louisiane. La décision de la cour d'appel est provisoire, mais elle est qualifiée de « menace la plus grave pour l'avortement depuis l'annulation de l'arrêt Roe v. Wade » par les défenseurs des droits reproductifs.
Si elle est confirmée, elle pourrait étendre les restrictions à tous les États, y compris ceux où l'avortement reste légal. La FDA maintient que ses données ne révèlent aucun nouveau signal de sécurité lié à l'usage de la mifépristone, même sans supervision directe.



