Ronel Telsyde, président de la Fédération des Barreaux d'Haïti (FBH), a été blessé par balle au bras alors qu'il circulait près de son domicile à Cap-Haïtien le 14 avril 2026. Selon des sources proches, cette attaque pourrait être liée à son opposition à des conflits fonciers dans la commune de Quartier-Morin, située à environ 42 kilomètres au sud-est de la ville.
Telsyde, qui a subi une intervention chirurgicale, est actuellement en convalescence à son domicile après avoir été opéré avec succès. L'incident survient dans un contexte de tensions persistantes dans la région nord du pays, marquée par des violences récentes ayant causé la mort de 25 personnes dans la commune voisine de Milot le week-end précédent.
La police locale n'a pas encore commenté l'attaque, qui s'est produite vers 18 heures dans le quartier de Babiole. Plauguste 'Plug' Carcéus, un avocat renommé ayant échangé avec Telsyde après l'incident, a déclaré que cette tentative d'assassinat serait motivée par des conflits liés à l'accaparement de terres.
Telsyde, qui a occupé le poste de président du barreau de Cap-Haïtien entre 2023 et 2025, s'était publiquement opposé en octobre 2024 à des spoliations de terres attribuées à Pierrot Augustin, alors délégué du département du Nord.
Des hommes armés se réclamant de la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP), une unité controversée, avaient ensuite occupé des terrains et harcelé les résidents de Quartier-Morin, poussant la BSAP à alerter les autorités sur des individus se faisant passer pour ses agents.
La vidéo de Telsyde circulant en moto dans le centre-ville de Cap-Haïtien, affirmant ne pas être intimidé, avait largement circulé sur les réseaux sociaux le mois précédent.
Cette attaque rappelle d'autres violences ciblant des responsables locaux, comme l'agression de l'avocat municipal Charles Edouard Durand en février 2023 ou l'assassinat du vice-consul haïtien à Dajabón, le Dr. Claude Joazard, en janvier 2024. La communauté juridique haïtienne exprime son inquiétude face à cette escalade de violence.
Upsendy Dorsainvil, étudiant en cinquième année de droit à l'Université Antenor Firmin, a partagé son inquiétude : « En tant qu'étudiant en droit, voir cela arriver à des figures de haut niveau est frustrant. On se demande : vais-je être en sécurité ? ».
La situation met en lumière les risques encourus par les défenseurs des droits fonciers dans une région déjà marquée par l'instabilité.



