Le 8 juin 2026, cinq Mexicains ont comparu devant le tribunal de Swartruggens en Afrique du Sud pour répondre de charges liées à la fabrication illégale de drogues, la possession de matériaux dangereux et des violations de la loi sur l'immigration.
Leur arrestation fait suite à une descente policière sur une ferme isolée dans la province du Nord-Ouest, où un laboratoire de méthamphétamine d'une valeur d'environ un milliard de rands (60 millions de dollars) a été découvert.
Selon les autorités, il s'agit de l'un des quatre sites majeurs liés à des criminels mexicains démantelés en Afrique du Sud en seulement deux ans, révélant un schéma inquiétant pour les enquêteurs et les experts en criminalité organisée.
En 2024, une usine de méthamphétamine d'une valeur de 105 à 110 millions de dollars avait déjà été démantelée près de Groblersdal dans la province du Limpopo. Plus tard la même année, un autre laboratoire d'une valeur de 5 à 6 millions de dollars a été découvert près de Tshwane, suivi d'arrestations en 2025 dans la province du Mpumalanga.
Les autorités ont saisi 481 kilogrammes de méthamphétamine, des conteneurs de produits chimiques et des armes à feu lors de l'opération à Swartruggens. Tous les sites partagent des caractéristiques communes : des terres agricoles isolées, éloignées des zones urbaines, permettant des activités criminelles sans détection.
Les experts soulignent que les cartels mexicains adoptent désormais une stratégie de « franchisage », envoyant des chimistes dans des zones rurales pour produire localement. Julian Rademeyer, chercheur en criminalité organisée, explique que cette approche réduit les coûts de transport et limite l'exposition aux contrôles frontaliers.
Les réseaux mexicains en Afrique remontent à une décennie, avec des activités initiales au Nigeria vers 2016, puis une expansion vers l'Afrique de l'Est, le Mozambique et le Botswana avant d'atteindre l'Afrique du Sud.
Les analystes estiment que la demande locale pour des drogues bon marché comme la méthamphétamine, moins accessible que la cocaïne ou l'héroïne, alimente ce marché illicite. Willem Els, expert en criminalité, souligne que la corruption au sein des forces de police et des milieux politiques sud-africains joue un rôle clé dans la protection de ces opérations.
Un rapport d'enquête a révélé des allégations de corruption, notamment la disparition de 541 kilogrammes de cocaïne saisis en 2021, suggérant une implication interne. Malgré les progrès récents des autorités, les experts craignent que ce phénomène ne s'étende davantage en l'absence de réformes institutionnelles profondes.


