Le 24 mars 2026, Ceci Flores a retrouvé les restes de son fils Marco Antonio, disparu en mai 2019 dans l'État de Sonora, au Mexique. Les ossements ont été identifiés grâce à un test ADN après leur découverte lors d'une fouille menée par des collectifs de mères.
Les vêtements retrouvés à proximité correspondaient à ceux portés par Marco Antonio au moment de son enlèvement, selon les déclarations de sa mère. Les autorités mexicaines ont confirmé l'identité des restes après analyse génétique, mettant fin à sept années d'incertitude pour la famille.
Marco Antonio avait été enlevé par un groupe armé non identifié, bien qu'il ne travaillait pas pour des cartels, selon Ceci Flores. Les disparitions forcées au Mexique touchent toutes les catégories de la population, y compris les enfants et les adultes non impliqués dans des activités illicites.
Les autorités sont régulièrement pointées du compte pour leur inaction dans ces affaires. Selon un registre national créé en 2019, plus de 133 000 personnes sont officiellement portées disparues au Mexique. Ce chiffre pourrait être sous-estimé en raison de la peur des familles à signaler les disparitions ou du manque de confiance dans les institutions.
Les groupes criminels sont responsables de la majorité de ces disparitions, mais les autorités sont également critiquées pour leur rôle dans certaines affaires, comme celle des 43 étudiants d'Ayotzinapa en 2014. Les collectifs de mères, comme celui fondé par Ceci Flores en 2019, effectuent eux-mêmes les recherches faute de moyens et de volonté politique.
Ces groupes utilisent des outils rudimentaires pour fouiller des zones semi-désertiques et des centres de détention, retrouvant parfois des personnes vivantes ou des restes humains. Le collectif des Madres Buscadoras de Sonora, créé par Ceci Flores, revendique avoir retrouvé plus de 3 000 personnes vivantes et 2 700 décédées depuis sa création.
Cependant, ces chiffres n'ont pas pu être vérifiés de manière indépendante par la rédaction. Les membres de ces collectifs font face à des menaces constantes, des attaques et des assassinats, comme celui de Cecilia García Ramblas en mars 2026. Amnesty International recense plus de 200 collectifs de familles de disparus au Mexique, composés à 90 % de femmes.
Ces groupes dénoncent l'absence de protection de l'État et la stigmatisation dont ils sont victimes. Pour Ceci Flores, la situation est claire : « Les mères n'auraient pas besoin de faire elles-mêmes les recherches si les autorités faisaient leur travail. »



