Le gouvernement fédéral des États-Unis a alloué plus d’1,07 milliard de dollars pour acquérir 11 entrepôts dans le cadre d’un projet visant à augmenter la capacité de détention de migrants. Cette initiative, lancée sous l’administration précédente, prévoyait la création de dizaines de milliers de places supplémentaires.
Cependant, depuis l’arrivée du secrétaire à la Sécurité intérieure Markwayne Mullin, les nouveaux achats ont été suspendus et les contrats existants sont en cours de révision. Les communautés haïtiennes, présentes en grand nombre dans plusieurs États, expriment des inquiétudes face à ces projets, craignant un impact disproportionné sur leurs membres.
En Floride, où vit la plus grande communauté haïtienne des États-Unis (plus de 500 000 personnes), des responsables locaux signalent un manque de transparence. Bien que des visites d’entrepôts aient été organisées à Orlando, aucune information officielle n’a été communiquée aux autorités locales.
À New Jersey, où résident plus de 70 000 Haïtiens, un recours juridique a été déposé contre l’acquisition d’un entrepôt de 470 000 pieds carrés à Roxbury. Les plaignants dénoncent l’absence de consultation des autorités locales et des communautés concernées.
En Géorgie, où la population haïtienne est estimée à 40 000 personnes, l’acquisition d’un entrepôt à Social Circle pour y détenir jusqu’à 10 000 personnes a soulevé des questions sur les infrastructures locales, notamment l’approvisionnement en eau. La ville a même verrouillé le compteur d’eau de l’installation, invoquant des craintes quant à la capacité des ressources locales.
Un second achat à Oakwood a également progressé sans communication claire aux autorités.
En Indiana, où la communauté haïtienne compte environ 13 000 personnes, des visites d’entrepôts ont suscité des inquiétudes précoces. Le propriétaire d’un site visité a finalement indiqué ne pas négocier avec le gouvernement, suggérant une possible influence de la pression communautaire.
À New York, où vivent environ 200 000 Haïtiens, une proposition initiale pour un entrepôt à Chester a été abandonnée après des critiques, bien que l’annonce initiale ait été qualifiée d’erreur par les autorités.
Ces développements reflètent une opposition croissante aux politiques d’immigration aux États-Unis, particulièrement dans les États où les communautés haïtiennes sont bien établies. Les défenseurs de la diaspora haïtienne soulignent les risques de marginalisation et d’impact sur les systèmes locaux déjà sous pression.



