Des milliers de Kenyanes ont défilé dans le centre de Nairobi le 1er juin 2026 pour demander au gouvernement de déclarer l'état d'urgence face à la hausse des féminicides et des disparitions d'enfants.
Cette marche, organisée par le mouvement End Femicide en collaboration avec des associations de défense des droits des femmes et des enfants, a paralysé temporairement le trafic dans plusieurs quartiers du district des affaires de la capitale. Les manifestantes, majoritairement des femmes, portaient des roses rouges et des cercueils symboliques en hommage aux victimes.
Parmi les revendications figuraient l'accélération des enquêtes, des peines plus sévères et un meilleur soutien aux familles affectées.
L'événement a été déclenché par l'assassinat particulièrement brutal de Rachel Wandeto, une chanteuse gospel, brûlée vive par trois hommes le 16 mai 2026 à Nairobi. Elle avait subi des brûlures sur plus de 85 % de son corps et est décédée deux jours plus tard à l'hôpital national Kenyatta. Son cas a servi de catalyseur pour mobiliser l'opinion publique.
Les organisateurs ont remis au gouvernement un ultimatum de 40 jours, expirant le 21 juillet 2026, pour reconnaître officiellement la crise du féminicide comme une urgence nationale.
Selon les données officielles, plus de 10 500 cas de protection de l'enfance ont été enregistrés entre janvier 2025 et mars 2026, dont 1 952 enlèvements et 6 820 abandons. Près de 2 328 enfants restent portés disparus. Les associations dénoncent des enquêtes insuffisantes et un manque de protection pour les victimes.
En réponse aux pressions, les autorités ont annoncé la création d'une unité d'enquête spécialisée, regroupant des experts en criminalistique, en homicide et en renseignement.
Le mouvement a reçu le soutien de l'ancien président de la Cour suprême du Kenya, David Maraga, qui a rejoint la marche pour appeler à des mesures gouvernementales plus strictes. Les manifestantes ont brandi des pancartes portant des messages comme « Assez de tueries de femmes » et « Arrêtez le féminicide ».
La Fédération des avocates du Kenya rapporte recevoir environ 70 cas de violences basées sur le genre chaque semaine dans ses bureaux de Nairobi, Mombasa et Kisumu.



