Plusieurs étudiants d'origine immigrée en France, dont des Haïtiens, reçoivent des ordres d'expulsion (OQTF) après avoir obtenu leur diplôme de fin d'études secondaires ou techniques. Ces décisions surviennent malgré leur intégration dans le système éducatif français et leur inscription dans des formations professionnelles prioritaires pour le marché du travail local.
Selon des témoignages recueillis par Al Jazeera, des élèves en médecine, en ingénierie ou en soins infirmiers se voient notifier ces ordres après des années de scolarité en France, souvent à l'âge de 19 ans ou plus.
Les procédures administratives, marquées par des retards de plusieurs années, rendent impossible la régularisation de leur statut avant l'expiration de leurs visas étudiants ou touristiques initiaux.
Le ministère de l'Intérieur français a réduit en 2025 le nombre de permis de travail attribués aux diplômés, aggravant une situation déjà tendue dans des secteurs en tension comme la santé ou le BTP. Les délais moyens de traitement des dossiers dépassent 145 jours dans certaines préfectures, contre 117 jours en moyenne nationale, selon des experts en droit public.
Les ordres d'expulsion sont émis pour des motifs variés : rejets de demandes d'asile, erreurs administratives ou infractions mineures, bien que les cas graves (terrorisme, menaces à l'ordre public) restent minoritaires.
Les étudiants concernés se retrouvent dans une zone grise juridique, protégés jusqu'à 18 ans mais vulnérables ensuite, malgré leur ancrage familial et professionnel en France.
Les associations dénoncent un système où des jeunes ayant passé la majorité de leur vie en France se voient contraints de quitter le pays sans possibilité de régularisation, malgré des compétences reconnues par le marché du travail.
Les données officielles manquent pour quantifier précisément le nombre d'étudiants haïtiens ou d'origine haïtienne concernés, mais des conseillers pédagogiques estiment que des dizaines de cas similaires existent dans des lycées techniques de la région parisienne. Source : Al Jazeera, 26 mai 2026.



