Quatre candidats principaux — Michelle Bachelet, Rafael Grossi, Rebeca Grynspan et Macky Sall — se présentent pour remplacer António Guterres, dont le mandat prendra fin en décembre 2026. Selon une règle tacite de l'ONU, la rotation régionale pourrait favoriser un candidat latino-américain ou asiatique-pacifique après deux mandats européens consécutifs.
Aucun candidat asiatique ne figure parmi les favoris, ce qui renforce la position des Latino-Américains dans cette course. Les auditions des prétendants ont débuté cette semaine à New York, marquant le début d'un processus de négociation complexe entre les 193 États membres de l'organisation.
Les décisions finales seront prises par le Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d'un droit de veto informel, selon le site Le Relief Haïti (22 avril 2026).
Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haute-Commissaire aux droits de l'homme, présente le profil le plus étoffé. Son expérience et sa fermeté sur les questions de droits humains, saluées par les ONG, pourraient cependant effrayer des puissances comme la Chine ou la Russie, qui pourraient opposer leur veto.
Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), mise sur son expertise technique et sa gestion de la crise nucléaire ukrainienne pour séduire les grandes puissances.
Rebeca Grynspan, économiste costaricienne à la tête de la CNUCED, est perçue comme une candidate consensuelle par les pays en développement et les Européens, bien que sa discrétion médiatique puisse jouer contre elle.
Macky Sall, seul candidat africain, mise sur la tradition régionale, mais son positionnement et le manque de soutien de l'Union africaine affaiblissent ses chances.
Le scénario latino-américain semble le plus probable, avec Grossi et Grynspan en tête. Grossi bénéficie d'une expertise technique reconnue, tandis que Grynspan incarne mieux l'équilibre entre pays développés et en développement. Bachelet, jugée trop clivante, pourrait être bloquée par un veto russe ou chinois.
Macky Sall devra convaincre que son élection ne servira pas uniquement les intérêts d'une seule région. La décision finale dépendra des négociations au sein du Conseil de sécurité, où les rivalités géopolitiques pourraient prolonger l'incertitude.
Cette élection survient alors que l'ONU fait face à des défis majeurs, entre multilatéralisme affaibli et montée des tensions entre grandes puissances. Le prochain secrétaire général héritera d'une organisation en quête de crédibilité et de cohésion, selon les observateurs. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir qui succédera à Guterres et dans quel contexte international.



