Le tribunal fédéral de Miami examine actuellement le dossier de l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 7 juillet 2021. Lors des audiences, l’ancien sénateur Joseph Joël John a témoigné sous serment, détaillant les plans présumés des accusés.
Parmi les révélations figure un projet attribué à Joseph Félix Badio, visant à jeter le corps du président à la mer après sa mort, illustrant l’extrémisme des méthodes envisagées. Ces affirmations reposent uniquement sur son témoignage et n’ont pas encore été corroborées par d’autres preuves présentées au tribunal.
Le procès met également en cause plusieurs individus, dont James Solages, décrit comme un intermédiaire clé entre des ressortissants haïtiens et d’anciens militaires colombiens recrutés par la société Counter Terrorist Unit Security. Selon le témoin, Solages aurait joué un rôle opérationnel majeur au sein du groupe impliqué dans l’assassinat.
Les débats ont révélé plusieurs tentatives antérieures pour renverser ou neutraliser le président. Christian Emmanuel Sanon aurait évoqué un projet de mobilisation populaire, tandis qu’un plan prévoyait sa capture à l’aéroport international Toussaint Louverture. Une autre initiative aurait visé à le contraindre à démissionner en utilisant une substance non précisée.
Ces tentatives auraient échoué en raison de contraintes logistiques, notamment un manque de financement et d’équipement. Ce n’est qu’en juillet 2021 que les accusés auraient décidé de recourir à la violence.
La nuit de l’assassinat, un convoi composé de Colombiens, de policiers haïtiens et d’autres individus s’est dirigé vers la résidence présidentielle à Pèlerin 5, dans la commune de Tabarre. Le témoin a indiqué avoir été surpris par un changement de stratégie, passant d’une capture à une exécution.
Lors du contre-interrogatoire, la défense a tenté de discréditer le témoin en soulignant des incohérences dans ses déclarations antérieures, notamment devant le FBI. Joseph Joël John a reconnu avoir omis certaines informations par crainte pour sa sécurité, tout en affirmant fournir désormais un récit complet.
Ces témoignages éclairent la complexité du dossier, marqué par des intérêts divergents, des alliances fluctuantes et de nombreuses zones d’ombre. Les audiences se poursuivent à Miami, où les juges évaluent la crédibilité des preuves et des témoignages présentés.



