Samedi 26 avril 2026, une explosion sur la route Panaméricaine entre Cali et Popayán, dans le département du Cauca, a causé la mort de 21 civils et blessé 56 autres. L'État-major central (EMC), principale guérilla dissidente des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a reconnu mercredi 29 avril sa responsabilité politique dans cet attentat.
Dans un communiqué, l'EMC a qualifié l'attaque d'erreur tactique « sans aucune justification » et exprimé sa « profonde douleur » face à ce bilan humain. Selon des sources militaires citées par l'AFP, l'EMC aurait installé un barrage routier pour attirer les forces de l'ordre et organiser une embuscade, mais l'explosion aurait touché des civils présents dans des véhicules.
Le ministre colombien de la Défense, Pedro Sánchez, a indiqué que cette attaque s'inscrivait dans un contexte de représailles à la pression militaire accrue contre les bastions de l'EMC, notamment dans les zones de production de coca. L'arrestation du « principal responsable » de l'attentat, José Vitonco alias « Mi Pez », a été annoncée mardi par la police colombienne.
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme en Colombie a appelé le gouvernement et les groupes armés à cesser les attaques contre les populations civiles. Le président colombien Gustavo Petro a accusé des groupes armés de vouloir « saboter les élections » prévues le 31 mai 2026, tandis que des tensions diplomatiques se sont intensifiées avec l'Équateur voisin.
Petro a notamment accusé le président équatorien Daniel Noboa d'ingérence, évoquant une possible origine des explosifs utilisés depuis l'Équateur. De son côté, Noboa a dénoncé une « incursion » de guérilleros colombiens à la frontière nord, attribuée selon lui au gouvernement de Petro.
Ces accusations mutuelles surviennent dans un contexte électoral tendu, où la gauche, arrivée au pouvoir en 2022, cherche à conserver son influence face à une opposition de droite.
Les candidats de droite, en tête dans les sondages, accusent le gouvernement de négligence envers les groupes armés, tandis que la gauche dénonce une stratégie visant à déstabiliser le processus démocratique. Les tensions entre les deux pays pourraient aggraver la situation sécuritaire dans une région déjà marquée par des décennies de conflit armé.



