En mai 2026, les universités de Cisjordanie célèbrent les remises de diplômes de leurs étudiants, mais cette joie est teintée d'inquiétude. Selon le Palestine Economic Policy Research Institute (MAS), près de 40 % des jeunes Palestiniens titulaires d'au moins un diplôme sont sans emploi.
Ce chiffre reflète une crise économique persistante, aggravée par les restrictions imposées par Israël depuis octobre 2023. Les permis de travail pour les Palestiniens de Cisjordanie ont été gelés, privant 115 000 personnes de leurs moyens de subsistance. Seuls quelques permis ont été renouvelés depuis, sans pour autant résoudre la crise.
Les étudiants, comme Siwar Abu Kamal, 21 ans, diplômée en gestion, voient leurs projets s'effondrer. "Plus tu grandis, plus la réalité te frappe", confie-t-elle à Al Jazeera. Les restrictions israéliennes ont également perturbé le fonctionnement des universités, avec des cours en ligne imposés en raison des raids militaires et des fermetures de routes.
Les étudiants doivent souvent travailler pour financer leurs études, ajoutant une pression supplémentaire à leur parcours académique. Les opportunités d'emploi dans le secteur public, autrefois stable, sont désormais rares et peu attractives. Les salaires impayés s'accumulent depuis 2021, en raison du gel par Israël des recettes fiscales palestiniennes.
En 2025, les travailleurs du secteur public cumulaient des milliards de dollars de salaires impayés, selon la Banque mondiale. Face à cette situation, de nombreux diplômés palestiniens quittent le pays pour chercher des opportunités ailleurs.
Maher Canawati, ancien maire de Bethléem, souligne que des médecins, architectes et infirmiers travaillent désormais dans des restaurants ou mendient pour survivre. La dépendance historique des Palestiniens envers les emplois en Israël a affaibli l'économie locale, rendant difficile l'absorption des nouveaux diplômés.
Les entreprises israéliennes offraient autrefois des emplois manuels mieux rémunérés, mais cette situation a déformé le marché du travail palestinien. Les diplômés, même qualifiés, se retrouvent sans perspective, forçant une fuite des talents vers l'étranger.
Cette crise met en lumière les défis structurels auxquels fait face la Cisjordanie, où l'éducation, autrefois un rempart contre l'instabilité, ne garantit plus la stabilité économique.



