La crise des personnes déplacées en Haïti a atteint un niveau record en 2025, avec 1,4 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays en raison de la violence, selon l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). L'UNICEF a également signalé que le nombre d'enfants déplacés par la violence avait presque doublé, atteignant 680 000 à la fin de l'année.
Malgré l'intensification de la violence, la capitale, Port-au-Prince, concentre le plus grand nombre de cas de préjudices, plaçant les femmes et les enfants déplacés dans une situation de risque élevé.
Un rapport basé sur 114 enquêtes structurées et 20 entretiens avec des informateurs clés dans cinq sites de camps de personnes déplacées internes (PDIP) à Port-au-Prince révèle que la vie dans ces camps est marquée par une exposition constante à la violence, des taux élevés de violence basée sur le genre (VBG), un effondrement quasi total des moyens de subsistance et une insécurité alimentaire extrême.
Ces conditions sont aggravées par des mécanismes de signalement faibles et une infrastructure de protection inadéquate.
Les résultats des enquêtes indiquent que 95,6 % des personnes interrogées ne se sentent pas en sécurité sur leur site. De plus, 30,7 % des femmes déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles à l'intérieur du camp, et les deux tiers signalent l'absence de mécanismes pour rapporter ces violences.
La quasi-totalité des répondants (99,1 %) n'a plus de revenus et fait face à une grave privation alimentaire, 96,5 % des femmes et 87,5 % des enfants mangeant moins de deux repas par jour.
Ces données soulignent que les sites de déplacés à Port-au-Prince fonctionnent actuellement comme des environnements à risque plutôt que des espaces protecteurs, particulièrement pour les adolescentes, les ménages dirigés par des femmes et les enfants souffrant de malnutrition chronique et d'une éducation interrompue.
Ce rapport comble une lacune persistante dans les rapports humanitaires sur Haïti, souvent dominés par des chiffres globaux de déplacement et des contraintes d'accès, en fournissant des informations opérationnelles sur la manière dont les préjudices sont générés dans les contextes de déplacement.

