À Léogâne, la capitale du rara en Haïti, les festivités de rara sont officiellement interdites pour la deuxième année de suite en raison de la crise sécuritaire. Cependant, les musiciens et les habitants maintiennent cette tradition ancestrale, enracinée dans le Vodou, la musique, la résistance et l'identité communautaire.
Les groupes de rara, tels que 'Ti Malice Kache' et 'La Fleur de Rose', continuent de se produire, notamment lors des processions qui marquent la période entre le Carême et Pâques. Ces défilés, qui incluent des instruments traditionnels comme les cors en bambou et les tchatchas, sont une expression de l'identité culturelle haïtienne, selon les participants.
"Nous sortons pour célébrer parce que nous ne pouvons pas laisser notre tradition disparaître", a déclaré Raynold Laurent, membre du groupe 'Ti Malice Kache', cité par The Haitian Times.
L'origine du rara remonte aux rituels précolombiens et aux formes de résistance pendant l'esclavage. Aujourd'hui, cette tradition est un pilier du calendrier culturel haïtien.
Léogâne, qui attirait auparavant des dizaines de milliers de visiteurs, voit son économie locale affectée par l'insécurité qui a conduit à l'interdiction des célébrations officielles par les autorités municipales.
Le maire Ernson Henry, cité par The Haitian Times, a justifié la décision comme une mesure de prévention pour protéger les vies, malgré la pression des communautés pour maintenir la tradition.
Malgré les restrictions et la crainte de la violence, les groupes de rara organisent des cérémonies comme l'illumination et des défilés intermittents. Les résidents voient ces rassemblements comme des moments de soulagement face à la violence quotidienne.
"L'insécurité ne peut pas servir de prétexte pour arrêter le rara", a affirmé le musicien Whisky Pierre, soulignant que l'interdiction n'empêchera pas les actes de violence s'ils doivent survenir. La tradition du rara perdure ainsi dans un contexte fragile, témoignant de la résilience culturelle haïtienne.

