Depuis janvier 2025, les coupes budgétaires dans l'aide humanitaire ont privé au moins un million de femmes et de filles d'assistance, selon un rapport de l'ONU Femmes publié le 10 juillet 2026. Ces réductions touchent particulièrement les victimes de violences sexuelles liées aux conflits, les mères déplacées et les filles contraintes d'abandonner l'école.
L'ONU Femmes souligne que 120 millions de femmes et filles ont actuellement besoin d'aide humanitaire dans le monde, dont une partie significative en Haïti, où les organisations locales interviennent dans des zones difficiles d'accès pour les acteurs internationaux.
Le rapport, basé sur les réponses de 855 organisations dirigées par des femmes dans 52 pays, révèle que neuf organisations sur dix ne parviennent plus à répondre aux besoins actuels en raison de la baisse historique de l'aide publique au développement.
En Haïti, ces organisations jouent un rôle crucial dans la protection des droits des femmes et la réponse aux crises humanitaires, notamment dans les zones rurales et les quartiers défavorisés de Pòtoprens. Selon Sofia Calltorp, cheffe de l'action humanitaire à l'ONU Femmes, ces coupes aggravent les violences fondées sur le genre, qui ont doublé en 2025.
Elle précise que 86 % des organisations de femmes signalent une hausse des violences dans les communautés où elles interviennent, tandis que 65 % d'entre elles fonctionnent sans rémunération pour leurs employés.
L'ONU Femmes met en garde contre le démantèlement des structures locales, qui affaiblit non seulement l'aide humanitaire, mais aussi la participation des femmes aux processus décisionnels. En Haïti, cela pourrait aggraver la vulnérabilité des femmes et des filles, déjà confrontées à des défis structurels comme l'accès limité aux soins et à l'éducation.
Source : France 24 — Amériques, 10 juillet 2026.


