Le gouvernement cubain a annoncé l'ouverture du marché agricole aux acteurs privés, mettant fin à un monopole étatique de plusieurs décennies. Selon un décret publié le 10 avril 2026, les agriculteurs indépendants, coopératives, petites entreprises et travailleurs autonomes peuvent désormais vendre directement leurs récoltes sur les marchés de gros et de détail.
Cette décision s'inscrit dans une série de réformes économiques visant à libéraliser progressivement l'île, confrontée à une crise sans précédent. L'État conserve toutefois le contrôle des prix et des exportations, précise l'Agence France-Presse (AFP).
La production agricole cubaine a chuté de 52 % entre 2018 et 2023, selon des données de l'Université de La Havane, alors que plus de 60 % du territoire est dédié à l'agriculture. Malgré cela, près de 80 % des produits alimentaires consommés à Cuba sont importés, en raison notamment du manque de carburant et d'intrants agricoles.
La crise économique, aggravée par les sanctions américaines et la baisse des revenus touristiques, a poussé les autorités à assouplir les règles pour stimuler l'activité privée. Le 1er mars 2026, le gouvernement avait déjà autorisé la création d'entreprises mixtes entre acteurs publics et privés.
Par ailleurs, depuis février 2026, 30 000 barils de carburant ont été livrés aux entreprises privées cubaines depuis les États-Unis, une première depuis l'imposition du blocus pétrolier en janvier 2026.
Ces mesures s'ajoutent à une annonce récente permettant aux membres de la diaspora cubaine, notamment ceux résidant aux États-Unis, d'investir dans l'île et de créer des entreprises, bien que le cadre juridique reste flou.
Selon Jorge Piñon, expert interrogé par RFI, les secteurs du transport, de l'agriculture et de l'approvisionnement en eau potable sont les plus touchés par le manque de carburant, essentiel pour relancer la production locale.

