Depuis le début du mois d'août 2026, les violences perpétrées par les gangs armés en Haïti se sont multipliées dans plusieurs régions du pays. Des affrontements, des assassinats, des enlèvements et des attaques ciblant à la fois les forces de l'ordre et les civils ont été signalés dans des zones comme Arcahaie, Cité Soleil, Kenscoff et la région de l'Artibonite.
Selon les Nations Unies, au moins 613 personnes ont été tuées et 375 blessées entre le 6 mars et le 31 juillet 2026 dans la Plaine du Cul-de-Sac et Cité Soleil uniquement. Plus de 18 000 personnes ont été déplacées, tandis que 176 femmes et filles ont été victimes de violences sexuelles. Ces chiffres illustrent l'ampleur de la crise sécuritaire qui frappe le pays.
Les élections nationales prévues le 13 décembre 2026, ainsi que les élections locales et un éventuel second tour le 21 février 2027, risquent d'être perturbées par cette insécurité. Les routes bloquées, les déplacements impossibles et la peur des enlèvements pourraient empêcher des millions d'électeurs d'atteindre les bureaux de vote.
Les organisations de défense des droits humains critiquent la réponse du gouvernement de transition, jugée insuffisante pour rétablir la sécurité.
Alermy Piervilus, secrétaire exécutif de la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (POHDH), a déclaré lors d'une conférence de presse le 6 août 2026 que les autorités ne montraient pas la volonté nécessaire pour combattre la violence. Les attaques récentes ont également touché des infrastructures essentielles.
Médecins Sans Frontières (MSF) a suspendu ses activités à l'hôpital de maternité Isaïe Jeanty à Cité Soleil après avoir soigné 27 personnes blessées par balle en moins de 24 heures. Cette suspension s'ajoute à une précédente interruption de trois semaines, laissant des milliers de femmes sans accès aux soins de santé reproductive.
Les Nations Unies ont souligné que le niveau de violence et de violations des droits humains n'avait pas été aussi élevé dans la région métropolitaine de Port-au-Prince depuis janvier et février 2024.
Les gangs continuent de s'affronter pour le contrôle de territoires stratégiques, comme Kenscoff, où des attaques récurrentes ont fait au moins 262 morts et 66 blessés entre janvier et mars 2025. Les enlèvements, notamment dans les quartiers de Delmas, Pétion-Ville et Bourdon, ajoutent une couche supplémentaire d'insécurité.
Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a qualifié la situation de « extrêmement compliquée » et a accusé des policiers d'être impliqués dans des réseaux d'enlèvements. La communauté internationale et les observateurs locaux s'inquiètent de l'impact de cette crise sur la crédibilité du processus électoral.
La capacité des Haïtiens à participer aux élections dépendra directement de la stabilisation de la situation sécuritaire dans les semaines à venir.

