Le second mandat de Donald Trump est marqué par une vacance record de postes diplomatiques aux États-Unis. Selon le Wall Street Journal, 115 ambassades américaines sur 195 n'ont pas de représentant en poste, soit un taux de vacance de 60 %.
Cette situation, qualifiée d'"historique" par les experts, dépasse largement le précédent record de 45 postes vacants sous le premier mandat de Trump. Les pays concernés incluent l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, l'Irak et le Koweït, où les États-Unis mènent pourtant des négociations clés, comme le plan de paix pour Gaza ou les discussions avec l'Iran.
Bertrand Badie, professeur à Sciences Po Paris et spécialiste des relations internationales, souligne que cette absence de diplomates chevronnés limite la capacité des États-Unis à réagir aux crises et à communiquer avec les gouvernements étrangers. "Un chargé d'affaires ne dispose ni de l'autorité ni des accès d'un ambassadeur nommé.
Cela réduit considérablement l'efficacité de la politique étrangère", explique Tom Shannon, ancien ambassadeur des États-Unis au Brésil. La situation est particulièrement critique en Afrique, où 37 des 51 ambassades américaines n'ont pas de titulaire. Cette vacance s'explique en partie par le rappel de 30 ambassadeurs en décembre 2025, jugés hostiles à l'administration Trump.
Selon Badie, cette stratégie reflète un "mépris" pour la diplomatie traditionnelle, au profit d'une approche basée sur des réseaux personnels et des "deals" directs depuis la Maison-Blanche. Des hommes d'affaires sans expérience diplomatique, comme Jared Kushner ou Steve Witkoff, occupent désormais des rôles clés, marginalisant le Département d'État.
Les experts s'interrogent sur l'efficacité d'une telle diplomatie, où des promoteurs immobiliers ou des alliés politiques gèrent des dossiers complexes comme les négociations avec l'Iran ou la paix en Ukraine.



