Le 4 août 2026, un drone quadricoptère équipé d'explosifs plastiques a pénétré sans être détecté les installations de défense aérienne de l'aéroport de Leipzig/Halle en Allemagne, un hub logistique clé de l'OTAN. L'engin a heurté un avion cargo ukrainien sans exploser, puis a été retrouvé quatre heures plus tard sur le tarmac par un chauffeur de bus.
Selon le tabloïd allemand Bild, des traces d'ADN ont relié ce drone à un engin incendiaire envoyé au même aéroport en juillet 2024, ayant provoqué un incendie dans un conteneur de fret. L'incident a été qualifié de « nouveau niveau de danger » par le ministre de l'Intérieur allemand, Alexander Dobrindt, sans mentionner explicitement la Russie comme responsable potentielle.
Dobrindt a souligné que ces attaques nécessitaient une préparation professionnelle, suggérant l'implication d'acteurs étatiques. Les services de renseignement américains ont également attribué l'incident à la Russie, évoquant une tentative de tester la réactivité de l'OTAN.
Selon The Wall Street Journal, l'explosif utilisé provenait d'un fabricant militaire, renforçant l'hypothèse d'une implication étatique. Les analystes militaires interrogés par Al Jazeera estiment que cette opération s'inscrit dans une campagne plus large de guerre hybride menée par le Kremlin depuis 2024.
Selon l'International Institute for Strategic Studies (IISS), la Russie aurait utilisé sa « flotte fantôme » de pétroliers pour transporter et lancer des drones vers une douzaine de pays membres de l'OTAN et l'Irlande.
Ces drones ont perturbé les opérations aéroportuaires, forcé des arrêts logistiques et pénétré des sites sensibles, notamment des installations nucléaires et des bases abritant des armes américaines ou des sous-marins français.
L'IISS note que cette campagne a révélé des failles dans les systèmes de défense aérienne européens, conçus principalement pour intercepter des avions ou des missiles, et non des drones. Les systèmes actuels sont jugés obsolètes d'au moins cinq ans, selon Nikolay Mitrokhin, chercheur à l'Université de Brême.
Mitrokhin ajoute que l'opération de Leipzig, bien que techniquement réussie du point de vue militaire russe, a surtout semé la panique et exploité les divisions politiques au sein de l'OTAN. La Russie a démenti toute implication, qualifiant ces allégations de « récits de peur ».
Les experts soulignent que cette campagne met en lumière les limites des capacités européennes à contrer des menaces asymétriques, alors que la guerre en Ukraine a rendu les drones moins coûteux et plus meurtriers.


