Une décision de la Cour Suprême américaine autorisant la fin du Statut de Protection Temporaire (TPS) pour des centaines de milliers de Haïtiens a des répercussions importantes. Aux États-Unis, les maisons de retraite, les agences de soins à domicile et les familles craignent de perdre des aides-soignants essentiels au quotidien des personnes âgées et handicapées.
Les immigrants, et particulièrement les Haïtiens bénéficiant du TPS, constituent une part significative de cette main-d'œuvre déjà en pénurie, selon le Haitian Times.
Des témoignages illustrent l'impact de cette situation. Solange French, une femme de 91 ans, exprime son inquiétude quant à la perte de son aide à domicile haïtienne, Martha Nelson, dont le statut pourrait être révoqué. "La vie serait impossible", confie-t-elle.
Des structures comme The Arc Rockland, qui soutient des personnes handicapées, s'attendent à perdre 19 aides-soignants supplémentaires, s'ajoutant à ceux perdus l'année précédente, qualifiant une telle éventualité de "dévastatrice".
La Cour Suprême a statué en faveur de l'administration Trump, permettant la fin du TPS. Bien que des extensions aient été accordées, l'incertitude demeure pour les bénéficiaires. Certains employeurs, craignant des infractions légales, ont déjà commencé à licencier les détenteurs de TPS, au grand dam des personnes qu'ils assistent.
Anna Fischbein, une survivante de l'Holocauste de 87 ans, a vu son aide à domicile haïtienne, employée depuis 10 ans, licenciée suite à l'expiration de son TPS.
Les immigrants représentent environ un cinquième de la main-d'œuvre américaine, avec une surreprésentation dans les métiers de soins. Pour les personnes âgées ou handicapées, ces aides sont un soutien vital, assurant non seulement les tâches quotidiennes mais aussi un lien humain essentiel.
Simone Smith, vice-présidente des ressources humaines chez Cabrini of Westchester, une maison de retraite, souligne que ces travailleurs sont souvent la première et la dernière personne vue par les résidents chaque jour. L'établissement, dont 75% de la main-d'œuvre est immigrée, se prépare à faire face à une pénurie.
Pour les Haïtiens perdant leur TPS, le choix est difficile : rester aux États-Unis et travailler clandestinement, vivant dans la peur d'être expulsés, ou retourner dans un pays marqué par la violence des gangs et la pauvreté, une perspective jugée par beaucoup comme une condamnation à mort.
Un travailleur d'une maison de retraite de Brooklyn, souhaitant rester anonyme, exprime sa peur constante malgré sa contribution fiscale et son désir de travailler légalement.


