Le président américain Donald Trump a réaffirmé son intention de modifier la direction politique de Cuba depuis son retour à la Maison-Blanche. Les relations entre les États-Unis et Cuba, déjà tendues depuis des décennies, se dégradent rapidement.
Washington accuse La Havane de représenter une menace pour la sécurité nationale et a imposé un blocus pétrolier, des sanctions économiques ainsi qu’un mandat d’arrêt inédit contre l’ancien dirigeant cubain Raúl Castro.
Ce dernier est inculpé pour meurtre et conspiration dans un incident survenu en 1996, où deux avions civils appartenant à des exilés cubains avaient été abattus, causant la mort de quatre personnes, dont trois citoyens américains. Raúl Castro, âgé de 95 ans et toujours considéré comme une figure centrale du régime cubain, nie toute implication dans ces faits.
Le gouvernement cubain qualifie ces accusations de « cas frauduleux » visant à justifier une intervention militaire. Cuba affirme ne pas menacer les États-Unis et dénonce une stratégie américaine pour déstabiliser le pays.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que la préférence de Washington restait une solution diplomatique, tout en soulignant que Trump avait le devoir de protéger son pays contre toute menace. Les tensions s’aggravent alors que des activités de surveillance aérienne américaine augmentent dans la région des Caraïbes.
Des données de suivi de vol publiées par l’armée américaine montrent une présence accrue d’aéronefs près des côtes cubaines, une mesure interprétée comme un signal d’avertissement.
Parallèlement, des rapports classifiés cités par le site Axios évoquent la possession par Cuba de 300 drones et des discussions sur des frappes potentielles contre des cibles américaines, dont la base de Guantánamo. Ces informations, non confirmées par La Havane, sont perçues comme un possible prétexte à une intervention militaire.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a réagi en niant toute intention belliqueuse et en accusant les États-Unis de fabriquer des preuves pour justifier une agression.
La structure du pouvoir à Cuba repose sur un système unique où le Parti communiste et les forces militaires, dirigées par des figures historiques comme la famille Castro, contrôlent les principales institutions économiques et politiques.
Bien que le président actuel, Miguel Díaz-Canel, occupe officiellement les postes de président et de chef du Parti communiste, c’est l’héritage de la révolution cubaine de 1959, menée par Fidel Castro, qui continue de définir l’identité politique du pays.
Les États-Unis ciblent désormais cette structure de pouvoir, accusant le groupe GAESA — un conglomérat militaire contrôlant une grande partie de l’économie cubaine — de corruption et d’obstruction aux réformes. Les analystes soulignent que cette escalade pourrait avoir des répercussions régionales, notamment pour les pays des Caraïbes partageant des liens économiques avec Cuba.
La situation reste volatile, avec un risque accru d’escalade militaire malgré les dénégations des deux parties.



