En Haïti, face à la difficulté d'accès aux prêts bancaires, les groupes d'épargne communautaires AVÈK offrent une solution alternative. Ces associations villageoises d'épargne et de crédit (AVÈK), dont le nom signifie aussi "ensemble" en créole, permettent à leurs membres de mettre en commun leur argent pour s'accorder mutuellement de petits prêts.
Julmice Bastien, membre d'un groupe AVÈK, a pu obtenir un prêt de 500 000 gourdes pour acheter un camion et développer son activité. Même à distance, il continue de rembourser son prêt et envisage d'en contracter un autre. Ces groupes, inspirés d'une initiative lancée au Niger par CARE International, se sont développés en Haïti après le tremblement de terre de 2010 pour renforcer l'économie des communautés vulnérables.
Un rapport de CARE datant de 2015 indiquait l'existence de plus de 1 200 groupes AVÈK en Haïti, avec une épargne collective de plus de 1,2 million de dollars. En 2022, la Banque Mondiale recensait plus de 10 000 groupes d'épargne dans le secteur informel haïtien. Le succès de ces groupes repose sur la confiance mutuelle entre les membres, qui se réunissent régulièrement pour cotiser et gérer les prêts avec des taux d'intérêt faibles.

