Le samedi 11 avril, une journée normalement calme au Citadelle Laferrière a été marquée par une affluence exceptionnelle. Des milliers de visiteurs, attirés par une activité non autorisée promue en ligne et par haut-parleurs, ont envahi le site historique. Selon le maire de Milot, Joseph Wesner, cette présence massive était « imprévisible ».
Les premiers arrivants ont commencé à affluer dès 4h30 du matin, bien au-delà de la capacité d'accueil du monument situé à 900 mètres d'altitude.
Les témoignages recueillis par AyiboPost révèlent une organisation défaillante et une panique collective. Des visiteurs ont escaladé les murs du Citadelle à l'aide d'une échelle défective, tandis que d'autres ont été piétinés ou sont tombés dans des ravins. Les conditions météo, avec une pluie intense et un brouillard épais, ont aggravé la situation.
Un artiste de 24 ans présent sur les lieux a décrit des scènes de « chaos » : des personnes en crise d'asthme, des arrêts cardiaques, et des fractures dues aux chutes.
Les autorités locales, dont le maire de Milot et le responsable de la Protection civile, reconnaissent avoir sous-estimé l'ampleur de la foule. Le maire, en fonction depuis seulement deux semaines, affirme avoir pris des « dispositions » sans préciser lesquelles.
Le directeur de l'Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN), Patrick Delatour, a indiqué que seul le ministère de la Communication était habilité à communiquer officiellement sur l'incident.
Sept personnes, dont des policiers municipaux et des agents de sécurité du Citadelle, ont été détenues dans le cadre de l'enquête. La Police nationale haïtienne a confirmé ne pas avoir été informée de l'activité non autorisée. Certains témoins évoquent l'utilisation de gaz lacrymogène pour disperser des altercations, bien que cette information n'ait pas été confirmée par les autorités.



