L'École fondamentale du Centre de rééducation des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL) à Delmas 33, Pòtoprens, maintient un taux de réussite exceptionnel aux examens officiels de Neuvième Année Fondamentale. Depuis plus de quinze ans, l'institution enregistre un taux de 100 % de réussite, confirmant l'efficacité de son programme de rééducation.
Pour l'année académique 2024-2025, ce taux a légèrement baissé à 86 %, avec six mineurs sur sept ayant réussi leurs épreuves, selon un bulletin officiel consulté par AyiboPost.
Cette performance est saluée par les acteurs du secteur, dont Jude Chéry, président de l'Association des volontaires pour la rééducation des détenus en Haïti (AVRED-Haïti), qui souligne que ces résultats « démontrent qu'un pont vers l'avenir est jeté à travers la rééducation en vue de la réinsertion ».
Le CERMICOL, inauguré le 30 octobre 2005, fait partie du système pénitentiaire haïtien et relève de la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP). Malgré des conditions de détention difficiles, marqué par un budget de fonctionnement insuffisant et des défis structurels, le centre parvient à offrir une formation académique et professionnelle aux mineurs incarcérés.
Les résultats obtenus par ces jeunes détenus contrastent avec les conditions précaires de leur détention. Joseph L., 17 ans, premier lauréat du centre en 2024-2025 avec 2 074 points sur 2 700, a été interpellé en 2022 à l'âge de 13 ans pour des soupçons d'assassinat et de kidnapping.
Il a transformé son incarcération en opportunité d'apprentissage, malgré les obstacles comme les bagarres en cellule ou le manque de calme pour étudier. « Quand on est en prison, les gens ont souvent tendance à vous croire perdu à jamais. Par mes résultats, je pense avoir contribué à casser ce “mythe” », déclare-t-il.
Julien P., second lauréat avec 1 770 points, a été arrêté il y a cinq ans pour association de malfaiteurs et vols à main armée. Orphelin de mère depuis 2016, il critique sa détention préventive prolongée, bien qu'un juge ait ordonné sa libération en décembre 2025.
Ces parcours illustrent l'impact positif de la formation académique dans un environnement carcéral souvent perçu comme sans espoir. Les enseignants et organisations partenaires, comme AVRED-Haïti, interviennent depuis 2019 pour offrir des formations aux métiers manuels et soutenir la réinsertion des jeunes détenus.
Malgré les défis structurels, ces initiatives montrent que l'éducation peut être une voie vers la réhabilitation et l'avenir.



