Le Conseil électoral provisoire (CEP) d’Haïti a annoncé le 9 juillet 2026 l’approbation de 316 partis politiques parmi les 320 ayant déposé leur candidature en mars pour participer aux élections reportées du pays.
Quatre organisations ont été rejetées : le Mouvement national pour la prospérité d’Haïti (MONAPHA), le Parti nationaliste chrétien d’Haïti (PNCH), le Parti libéral républicain – Bloc centriste (LR Bloc Centriste) et Haïti Demain Ensemble (AYIDA).
Selon le CEP, cette publication marque une étape clé dans la mise en œuvre du processus électoral, conformément au décret électoral du 2 juin 2026. Le CEP a précisé que cette approbation suit l’examen des dossiers soumis par les organisations politiques dans le cadre légal en vigueur.
Cette décision intervient alors que Haïti prépare ses premières élections en une décennie, malgré un contexte politique fragmenté et des défis persistants. Le CEP avait précédemment proposé une mesure exigeant des partis une représentation nationale élargie, une initiative critiquée pour son caractère restrictif.
Cette approbation reflète la difficulté à réduire le nombre de partis enregistrés, malgré les tentatives de rationalisation du paysage politique. Les inscriptions pour les coalitions et alliances de partis accrédités débuteront le 13 juillet et s’achèveront le 27 juillet au siège du CEP à Port-au-Prince.
Les candidats devront fournir les documents requis par le décret électoral pour être éligibles. Parallèlement, le CEP poursuit la préparation du personnel électoral. Des sessions de formation pour les futurs agents du registre électoral (ADRE) ont eu lieu dans plusieurs villes, dont Les Cayes, Gonaïves, Miragoâne et la région des Palmes.
Ces agents seront chargés d’assister à l’inscription des électeurs une fois les opérations lancées. Du 9 au 11 juillet, le CEP, en collaboration avec la Police nationale d’Haïti (PNH), a également formé environ 4 000 candidats au poste d’agent de sécurité électoral (ASE).
L’objectif est de renforcer les capacités des forces de sécurité électorales et d’assurer un environnement sécurisé pour l’inscription des électeurs et les opérations électorales futures. Malgré ces avancées, des obstacles majeurs retardent toujours le processus électoral.
Le calendrier électoral révisé n’a pas encore été publié, laissant sans réponse les questions relatives aux dates d’inscription des électeurs, des candidats et du scrutin. Bien qu’un budget de 120 millions de dollars ait été convenu entre le gouvernement et le CEP, les fonds n’ont pas encore été officiellement adoptés ou publiés.
Aucune information n’a été communiquée sur la source de ce financement, dans un contexte de crise économique exacerbée par l’instabilité politique. La sécurité reste le défi le plus pressant. Le directeur exécutif du CEP, Jacques Desrosiers, avait souligné en début d’année que l’amélioration de la sécurité était essentielle pour organiser des élections crédibles.
Selon les Nations unies, des groupes armés contrôlent une grande partie de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, rendant inaccessibles de nombreux bureaux de vote. Plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées dans le pays en raison de la violence des gangs, empêchant de nombreux électeurs potentiels de retourner dans leurs communautés.
Les violences récentes à Kenscoff, une commune située au sud-est de Port-au-Prince, illustrent ces défis. Des affrontements entre la police et des groupes armés du 5 au 9 juillet ont fait au moins huit morts parmi les résidents, selon le maire Massillon Jean. Plusieurs membres présumés de gangs auraient également été tués.
Les combats ont forcé des milliers de personnes à fuir après que des groupes armés aient incendié des habitations dans plusieurs communautés. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rapporté que plus de 5 800 personnes, réparties dans 1 836 ménages, ont été déplacées depuis le 4 juillet, la plupart trouvant refuge auprès de proches ou de familles d’accueil.
« Kenscoff n’avait pas connu de mouvements de population d’une telle ampleur depuis février 2025 », a indiqué l’OIM. Malgré ces difficultés, la Communauté caribéenne (CARICOM) continue de faire pression sur les dirigeants haïtiens pour qu’ils organisent des élections.
Lors du 51e sommet des chefs de gouvernement de la CARICOM à Sainte-Lucie, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a annoncé que les dirigeants régionaux avaient discuté du soutien aux efforts de sécurité d’Haïti et aux préparatifs électoraux.
Il a également révélé qu’une délégation de la CARICOM devrait se rendre en Haïti plus tard dans le mois pour évaluer les progrès réalisés en matière de sécurité et de préparation électorale.
Pour l’instant, bien que l’approbation des partis politiques représente une avancée administrative, les élections en Haïti restent tributaires de la résolution des défis bien plus complexes que sont la sécurité, le financement et l’achèvement du cadre juridique nécessaire pour faire avancer le processus.

