L’Association des Femmes Photographes d’Haïti (AFPHA) a lancé la deuxième édition de son programme « Limyè Sou Mwen » (« Brille pour moi ») le 4 août 2026. Ce projet gratuit propose une formation en photographie à 25 jeunes filles âgées de 14 à 17 ans, vivant dans des camps de déplacés à Port-au-Prince.
Ces adolescentes ont fui les violences des gangs dans leur quartier, notamment à Delmas 24, et se retrouvent aujourd’hui dans des conditions précaires, souvent sans accès à des services de base.
Le programme, qui se déroule jusqu’au 19 août 2026, combine des ateliers photographiques avec un soutien psychosocial pour leur offrir un espace sécurisé d’expression et d’apprentissage. Les participantes recevront un certificat à la fin de la formation et présenteront leurs œuvres lors d’une exposition prévue pour la Journée mondiale de la photographie le 19 août.
La meilleure participante se verra attribuer une bourse complète pour intégrer une école locale de photographie. Les candidates ont été sélectionnées par les responsables des camps, avec l’accord préalable de leurs parents.
Les ateliers sont animés par des photographes professionnelles membres de l’AFPHA et incluent également des activités récréatives et des visites de lieux emblématiques. Sarah Mondésir Joseph, présidente de l’AFPHA, souligne l’importance de doter ces jeunes filles d’une compétence professionnelle dès leur plus jeune âge.
« Même si elles ne savent pas quand elles pourront rentrer chez elles, il est crucial de leur donner les outils pour gagner leur vie et s’exprimer », explique-t-elle. Alexandrine Boivert, 16 ans, ancienne participante de la première édition, témoigne des bienfaits du programme.
Après avoir fui la violence des gangs, elle a découvert la photographie comme moyen de reconstruction. Aujourd’hui, elle encourage les nouvelles participantes à saisir cette opportunité.
Ce projet intervient dans un contexte où la violence des gangs en Haïti a déplacé des centaines de milliers de personnes, exposant les filles et les femmes à des risques accrus, notamment des violences sexuelles.
Selon l’ONU, 164 cas de violences sexuelles contre des filles ont été vérifiés en 2025, un chiffre qui ne reflète qu’une partie de la réalité en raison de la sous-déclaration. Le programme « Limyè Sou Mwen » vise ainsi à offrir un répit temporaire tout en ouvrant des perspectives professionnelles pour ces jeunes filles en situation de vulnérabilité.


