Le bassin du lac Tchad, autrefois concentré dans le nord-est du Nigeria et les régions frontalières du Niger, du Tchad et du Cameroun, voit son insécurité s'étendre à de nouveaux territoires. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), la situation s'est détériorée depuis 2024, avec une accélération notable en janvier 2026.
Les violences, les attaques contre les civils, la criminalité et les chocs climatiques poussent les populations à fuir, parfois à plusieurs reprises, à l'intérieur de leur pays ou vers les frontières voisines. Le Bénin, auparavant épargné, accueille désormais des réfugiés nigérians fuyant ces attaques.
Le HCR a alerté sur cette extension progressive de la crise lors d'un point de presse à Genève le 3 juillet 2026.
« Les violences, les attaques contre les civils, la criminalité et les chocs climatiques contraignent les populations à fuir, parfois à plusieurs reprises, à l'intérieur de leur pays ou au-delà des frontières », a expliqué Andrew Wyllie, directeur adjoint du bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest et centrale du HCR.
Les chiffres illustrent l'ampleur de cette crise : près de 3,5 millions de personnes sont aujourd'hui déplacées de force dans l'ensemble de la région, dont 323 000 réfugiés. Depuis le début de l'année, 77 000 personnes supplémentaires ont franchi une frontière pour chercher refuge, tandis que 8,2 millions d'habitants ont besoin d'une assistance humanitaire.
Les déplacements répétés compliquent l'acheminement de l'aide humanitaire et fragilisent des populations déjà vulnérables. Les femmes et les enfants sont particulièrement touchés.
Un ménage sur cinq déclare ne plus se sentir en sécurité, et des témoignages recueillis au Bénin révèlent des violences extrêmes, comme des femmes ayant fui après avoir vu leur mari assassiné sous leurs yeux. Environ un enfant sur deux n'est plus scolarisé dans la région, avec des proportions dépassant les trois quarts dans certaines zones comme la province du Lac au Tchad.
Privés d'école, les enfants sont davantage exposés au recrutement par des groupes armés, aux violences ou aux mariages précoces. La fragmentation des violences rend la situation encore plus complexe : les attaques et les enlèvements touchent désormais plusieurs pays simultanément, et les groupes armés responsables sont difficiles à identifier.
Les communautés d'accueil et les gouvernements de la région maintiennent leurs efforts pour accueillir les personnes déplacées, mais les services publics peinent à absorber l'afflux continu de réfugiés.
Pour répondre aux besoins urgents, le HCR estime qu'au moins 29 millions de dollars supplémentaires sont nécessaires, notamment pour renforcer la protection des personnes déplacées et leur accès à des documents d'identité. Cette crise, autrefois localisée, est devenue l'un des principaux foyers de déplacement forcé en Afrique de l'Ouest. Source : UN News (3 juillet 2026).


