L'équipe nationale féminine de football d'Haïti a atteint le deuxième tour des éliminatoires de la Coupe du Monde féminine après un match nul 1-1 contre la République dominicaine à l'occasion du dernier match de la phase de groupes. Avec trois victoires et un match nul, Haïti termine en tête du groupe D avec 10 points, devant la République dominicaine (8 points).
Ce résultat a permis à l'équipe, surnommée Les Grenadières, de se qualifier pour la phase finale, mais les performances restent en deçà des attentes selon les observateurs et les supporters.
Le match, marqué par des conditions météo difficiles et un terrain en mauvais état au stade Roger-Zami en Guadeloupe, a révélé des lacunes persistantes dans l'organisation et l'efficacité offensive de l'équipe. Sherly Jeudy a ouvert le score pour Haïti à la 67e minute sur une tête, avant que la République dominicaine ne égalise à la 73e minute, scellant ainsi le résultat final.
Malgré cette qualification, les critiques soulignent des problèmes récurrents : perte de possession fréquente, manque de précision dans les passes et difficultés à concrétiser les occasions. L'absence de la milieu de terrain star Melchie Dumornay, blessée, a également pesé sur la dynamique de l'équipe.
L'entraîneur Pia Sundhage, en poste depuis février 2026, peine à transformer les performances malgré une intensité accrue. Quatre points clés émergent de cette rencontre. Premièrement, la situation des gardiennes reste préoccupante.
Kaïna Cesar Pietrus, titulaire depuis 2025, montre un potentiel certain mais manque de régularité et d'expérience, comme en témoigne l'erreur décisive sur un tir à bout portant. La présence d'Océanie Toussaint, gardienne de réserve au Paris Saint-Germain, n'a pas suffi à rassurer.
Deuxièmement, l'utilisation de Roselord Borgella en position latérale plutôt qu'en attaquante centrale limite son impact. Malgré son efficacité en tant que buteuse, son placement actuel l'épuise prématurément, comme observé lors de son remplacement à la 64e minute. Troisièmement, les changements tardifs perturbent le rythme de l'équipe.
Plusieurs joueuses, dont Borgella et la milieu Anyssa Ibrahim, ont été remplacées trop tard, affectant la cohésion et l'efficacité collective. Enfin, Nérilia Mondésir, capitaine de l'équipe, a montré une performance plus aboutie en l'absence de Dumornay, mais sa régularité devra être maintenue pour les prochains matchs.
Ces défis pourraient s'avérer coûteux lors du prochain tour, où Haïti pourrait affronter des équipes régionales comme les États-Unis, le Mexique ou le Canada. À son niveau actuel, une qualification pour la Coupe du Monde 2027 au Brésil semble incertaine.
Les prochains matchs seront décisifs pour évaluer la capacité de l'équipe à progresser et à combler ces lacunes structurelles.



