Le 29 mai 2026, la Police Nationale d'Haïti (PNH) a organisé une cérémonie de graduation pour 1 200 nouveaux officiers, dont 239 femmes, dans le cadre du programme P4000+. Ce programme vise à recruter 4 000 nouveaux policiers en un an pour renforcer les forces de sécurité face à l'escalade de la violence des gangs.
La cérémonie s'est déroulée à Pétion-Ville, en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui a souligné l'importance de cette nouvelle promotion dans un contexte de crise sécuritaire sans précédent.
"Vous rejoignez la police à l'un des moments les plus difficiles de l'histoire moderne d'Haïti", a-t-il déclaré, appelant les nouveaux officiers à protéger les vies et à défendre la paix et la dignité du peuple haïtien.
Le programme P4000+ bénéficie du soutien des États-Unis, du Canada et de l'ONU, avec un financement du Bureau des Affaires internationales de lutte contre le narcotrafic et l'application de la loi (INL) américain.
Cette 36e promotion porte à près de 2 100 le nombre total d'officiers formés depuis le lancement du programme en janvier 2026, dont environ 877 issus de la première cohorte. Cependant, les défis restent immenses. Quelques heures après la cérémonie, trois policiers et un civil ont été tués lors d'une opération contre le gang Gran Grif dans le département de l'Artibonite.
Les victimes incluaient deux membres de l'Unité Tactique Anti-Gangs (UTAG) et un officier de la Brigade d'Intervention Motorisée (BIM). Les autorités ont confirmé que des équipes spécialisées poursuivent les responsables. Ces pertes portent à au moins huit le nombre d'agents tués depuis le début de l'année, selon la PNH.
Les experts en sécurité et les partenaires internationaux insistent sur la nécessité de recruter des milliers d'officiers supplémentaires, alors que les gangs contrôlent désormais entre 85 % et 90 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Plus de 2 000 personnes ont été tuées dans des violences liées aux gangs depuis le début de l'année, selon l'ONU.
La cérémonie de graduation et l'attaque mortelle ont coïncidé avec une visite du secrétaire d'État adjoint américain Christopher Landau, venu réaffirmer le soutien de Washington aux efforts de sécurité en Haïti.


